Kerouac by Moriarty

May 23rd, 2012

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Impros du groupe Moriarty autour de “San Francisco Blues” de Jack Kerouac. Extrait de nos enregistrements pour l’Atelier de Création Radiophonique “J’ai rencontré Jack Kerouac”. Diffusion sur l’antenne de France Culture, le 7 juin 2012, à 23h00. Far Out !

San Francisco Blues Kerouac by Moriarty

Documentaire Kerouac

April 21st, 2012

2kerouac

Le 21 mai 2012, à la Maison de la Radio, nous réaliserons avec le groupe Moriarty “J’ai rencontré Jack Kerouac”, un Atelier de Création Radiophonique pour France Culture qui sera diffusé le 7 juin 2012 à 23h00.

Pendant toute la journée, nous diffuserons en studio des extraits de reportages, entretiens, concerts, lectures, ambiances que j’ai récolté au cours de voyages, de Lowell, la ville de naissance de Kerouac, au Caucase en passant par Tanger, New York et Brest.
Des fragments de témoignages, d’échanges autour de l’écrivain américain.

Ex:

Kerouac Cemetery by arnaudcontreras

Des gens passeront en studio pour évoquer l’auteur de Sur la Route, partager la manière avec laquelle chacun d’entre eux a rencontré Jack, son oeuvre.

A chaque élément diffusé correspondra une composition originale du groupe Moriarty, improvisations ou morceaux préparés à partir des textes du poète Beat.

Si vous avez envie de contribuer, que les Moriarty réagissent à vos “rencontres avec Jack”, envoyez-moi via mon compte Twitter des photos, vidéos, textes, avec le hashtag #2Kerouac ou par mail à info@a360.org

L’ACR sera diffusé le 7 juin 2012 à 23h00, une heure de voyage avec Jack, au son des Moriarty, zone temporaire beat en bord de Seine.

Tinariwen Partitions du Mali

April 20th, 2012

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Réalisation du grand reportage “Tinariwen – Partitions du Mali” pour Interception / France Inter.
Diffusion à l’antenne le dimanche 29 avril 2012 à 9h10.
Disponible à l’écoute et en podcast sur la page Interception du site de France Inter +++

Présentation

“Le Grammy Award qui a consacré la qualité de sa musique cette année n’a fait qu’amplifier la notoriété du groupe  Tinariwen.
Tinariwen est composé de musiciens touaregs, venus du Nord du Mali.
Au moment où le groupe effectue une tournée en France, avec étape prestigieuse au Printemps de Bourges, ses membres ont pu suivre, heure par heure, les succès de la rébellion indépendantiste qui a pris le contrôle de la moitié nord du Mali.
Tinariwen se veut le représentant de cette culture touareg jamais reconnue par les autorités de Bamako.
Il est aussi un soutien actif à la rébellion.

Le reportage d’Arnaud Contreras nous invite donc à suivre simultanément les étapes d’un groupe en tournée, et les étapes de l’histoire d’un pays en pleine guerre.”

Reportages Occupy Wall Street RFI+OWNI

March 24th, 2012

Il y a 6 mois, le 17 septembre 2011, un millier de manifestants occupaient le parc Zuccotti près de Wall Street à New York. C’est ainsi qu’a commencé Occupy Wall Street. Un mouvement anti capitaliste qui a pris une dimension planétaire.
Disparu des médias traditionnels depuis son éviction de Zuccotti Park en novembre 2011, le mouvement Occupy Wall Street n’a cessé pendant l’hiver d’accroître sa présence en ligne, de s’organiser, de préparer des actions qui vont peser sur la campagne électorale américaine, permettre à la population de débattre de thèmes que certains disent « endormis » par les autorités.
Pendant dix jours, je me suis immergé à New York dans le quotidien des « Occupy », suivant leurs réunions, assemblées générales, manifestations.
Un grand reportage à découvrir le samedi 24 mars 2012 sur RFI dans l’Atelier des Médias, et un long récit texte et photos sur OWNI.

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Documentaire Campagne Numérique. Chronique d’un village connecté sur France Culture

March 21st, 2012

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Diffusion le jeudi 29 mars, à 17h00 du documentaire  ”Campagne numérique. Chronique d’un village connecté” , dans le cadre de la série Inventaire avant Elections / Sur Les Docks / France Culture.

Produit par Arnaud Contreras

Réalisation : Guillaume Baldy

Présentation:

Selon un récent rapport du ministère de la Culture et de la communication : « Depuis trois ans, le taux d’équipement numérique et de connexions Internet est supérieur en milieu rural par rapport au milieu urbain. »

Le cliché d’une fracture numérique dans les campagnes françaises, serait faux, obsolète.

Au travers de ce documentaire, « Sur les docks »  va à la rencontre des habitants de Nieul, village de Haute-Vienne. Qu’est-ce que l’arrivée d’Internet a provoqué comme changements dans les comportements sociaux depuis dix ans ? Les écoliers, bénéficiant du Plan Ecole Numérique Rurale, se sentent-ils moins isolés ? Est-ce que les retraités fréquentent moins les amicales et associations locales ? Les agriculteurs préfèrent-ils demander un service à des confrères d’un autre département plutôt qu’à leurs voisins ? Est-ce que la qualité du haut débit influe sur le choix des nouveaux venus, de s’installer dans ce village plus que dans celui de l’autre côté de la vallée ? L’accès aux services administratifs en ligne peut-il remplacer la conversation avec les préposés ?

Portrait d’une campagne numérique, qui n’a plus l’habitude de voir le train passer.

Disponible à l’écoute et en podcast à l’adresse: http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks

Photographie de Campagne Arte

March 21st, 2012

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En binôme à la réalisation son avec les photographes Stéphane Lavoué, Gilles Coulon et Claudia Imbert , textes de Judith Perrignon, pour le programme court “Photographie de Campagne”. Diffusion chaque soir à 20h05 sur Arte pendant la campagne présidentielle 2012. Production Point du Jour.

Tous les modules sont disponibles sur le site http://photographie-campagne.arte.tv/

Interview Tinariwen pour LeMonde.fr

March 21st, 2012

Interview et photos de Tinariwen pour LeMonde.fr et France Culture (27/02/ 2012 et  12/03/2012)

Tinariwen : “Il y a un peuple oublié qui est en train de mourir au Mali”

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Iyadou Ag Leche, bassiste du groupe de rock saharien Tinariwen, est assis dans la cuisine du vaste loft d’un label proche du Père Lachaise, à Paris. Bastien Gsell, leur tour manager, prépare le thé sur un petit réchaud de camping. Il y a quelques heures, Iyadou était encore entre les zones de combats au Nord-Mali et les camps de réfugiés du sud algérien.

Mi-janvier, il rentre du festival de Tombouctou avec d’autres membres du groupe. “Quand on est arrivé à Tessalit, ça tirait de partout. Alors on est parti en brousse rejoindre Ibrahim – l’un des fondateur du groupe – pour s’éloigner des combats. Ceux qui ont les moyens d’emmener leur famille à l’extérieur, en Algérie ou d’autres pays, l’ont fait. Ceux qui n’ont pas les moyens se sont éloignés des villes pour se mettre en marge, de peur des représailles.”

LES POPULATIONS DIRECTEMENT EXPOSÉES AUX COMBATS

La situation la plus catastrophique paraît pour lui être celle d’Aguelhoc. “Le campement militaire est dans la ville, donc les combats ont eu lieu dans la ville.
Les gens ont fui et ils sont tout autour, ils n’ont aucun moyen d’approvisionnement, ils se sont éparpillés. Aucune aide humanitaire et encore personne n’est arrivé à les aider. Les populations les plus en danger, ce sont les déplacés de l’intérieur. Ceux qui ne bénéficient de rien du tout, ce sont les gens des campements qui ne peuvent plus s’approvisionner.”

Prises au piège entre les différents groupes rebelles et l’armée malienne, les populations n’ont plus accès aux biens de première nécessité en provenance de Kidal ou d’Algérie. Elles sont directement exposées aux combats, comme le relate un communiqué de Médecins sans frontières : “Le 22 février, un campement de civils touaregs a été ciblé par un bombardement de l’aviation de l’armée malienne dans le nord du Mali. Les équipes de MSF et du ministère de la santé malien sur place ont pris en charge 11 blessés, presque exclusivement des femmes et enfants, dont une fillette qui est décédée de ses blessures.”

Avec d’autres amis, Iyadou fait des aller-retour entre le Mali et l’Algérie.“On a essayé d’aider les gens, de les mettre en sécurité. J’ai fait deux fois le voyage entre Borj et Tessalit. Tu croises des gens sur la route, qui n’ont pas de voiture, donc tu les emmènes. Quand je suis arrivé à Borj pour voir les réfugiés qui arrivaient, j’avais tellement mal que j’avais envie de regarder ailleurs, tellement ça me faisait souffrir dans mon moi profond.”

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Le musicien trentenaire, qui était adolescent lors de la rébellion de 1991, l’a vécu avec sa famille. Il compare cette période avec la précédente période de troubles au Nord. “Nous avons l’impression que c’est mieux organisé, et qu’il y a plus d’union dans cette rébellion dans la population. Le mouvement est resté quatre mois dans les montagnes, en attendant de trouver une voie de négociation avec le Mali. Jusqu’à ce que le Mali vienne lui-même s’en prendre à eux, et c’est ce qui a déclenché les événements. C’était comme une surprise à laquelle on s’attendait un peu.”

Cela fait des mois que la tension monte entre les représentants des communautés du Nord-Mali et le gouvernement de Bamako. Incompréhension que les accords ayant mis fin aux précédentes rebellions ne soient appliqués qu’a minima, retard des promesses d’infrastructures et d’intégration dans l’armée des anciens rebelles. “Nous avons l’impression qu’ATT [Amadou Toumani Touré, le président] n’a jamais voulu régler ces problèmes. S’il voulait les régler, la manière la plus simple, c’était d’appliquer le pacte national et les accords d’Alger, ce qu’il n’a jamais fait. C’est ce qui a déclenché les problèmes qui ont suivi.”

“SI LES GENS ÉCOUTAIENT LES PAROLES DE NOS CHANSONS…”

Depuis des années, de nombreuses ONG, des diplomates africains et occidentaux et Tinariwen tentent d’attirer l’attention sur l’abandon du Nord-Mali. “Si les gens écoutaient les paroles de nos chansons, ces problèmes-là n’auraient jamais eu lieu. Si vous écoutez notre dernier album, les prémisses de cette question-là y étaient déjà. Nous avons tiré la sonnette d’alarme depuis longtemps. Le monde nous a oublié depuis cinquante ans, et mon message à la communauté internationale, c’est qu’elle jette un regard bienveillant sur notre peuple. Un regard d’humain à humain. Quelquefois, il y a des gens qui veulent nous faire porter des habits que l’on ne veut pas porter. Mais nous, on veut continuer à être les mêmes. Il y a des personnes qui utilisent les faiblesses ou les moments où les gens vont mals pour essayer de leur faire dire ce qu’elles ne disent pas, ou essayer de les faire mal voir par les autres, parce qu’elles ne veulent pas rentrer dans leur schéma.”

A mots voilés, ces habits, ce sont ceux d’AQMI [Al-Qaida au Maghreb islamique]. AQMI séquestre des occidentaux, mais coupe aussi la zone du reste du monde, empêche toute présence des ONG, journalistes et touristes, prend en otage les populations sahariennes. Une idée se répand, est répandue, selon laquelle AQMI et “les” Touaregs travaillent de concert. Les terroristes sous-traitent la livraison de carburants, de vivres, achètent quelques informations à des Songhay, Peuls, Bambara Haoussa et Touaregs. Menus revenus pour des jeunes en marge de leurs communautés.

EN PREMIÈRE LIGNE MÉDIATIQUE

La guerre saharienne actuelle est moderne, communicante et attache une grande importance à l’impact des mots et images qui filtrent vers l’extérieur.
En Europe, hormis les porte-parole du MNLA [Mouvement national pour la libération de l'Azawad], peu de personnes ont évoqué les événements, du côté touareg, depuis le début des hostilités, à la mi-janvier.

Tinariwen se retrouve en première ligne médiatique, s’attend à devoir répondre, lors de sa tournée qui débute, à plus de questions sur leur positionnement politique, que sur le fait qu’il vient d’être récompensé par un Grammy Award aux Etats-Unis. Sont- ils pour la création d’un Etat au nom d’Azawad, indépendant du Mali ou non ? Sont- ils impliqués dans la rébellion ? Le musicien joue nerveusement avec le clavier de son portable. “Nous sommes très vigilants sur ce que l’on dit ou sur ce que l’on cherche à nous faire dire, car nous sommes comme nos ancêtres, les gardiens de notre culture.
Donc c’est à nous de veiller à ce qu’elle ne soit pas travestie, ou qu’elle ne soit pas transformée à des fins politiques.”

Depuis quelques semaines, on peut lire en ligne un flot de rumeurs aux sources invérifiables. Les inquiétudes de fans du monde entier. Sur Facebook principalement.
Le 31 janvier, Kabyles.net annonce qu’“un membre du groupe Tinariwen a rejoint les rebelles”. Et que, “selon une source sûre, Ibrahim ag Alhabib, dit Abraybone, du groupe Tinariwen, a quitté le groupe pour rejoindre les rebelles touaregs. Il dit avoir tout chanté pour faire connaître son peuple, mais aujourd’hui, il veut lui être utile autrement.”

FMR-credit


CLICHÉ DU REBELLE “À LA GUITARE ET KALACHNIKOV”

Personne ne semble penser qu’au lieu de monter sur scène, il puisse préférer pour un temps s’occuper des siens, les mettre en sécurité. Ni Ibrahim ni Elaga Ag Hamid n’ont pris l’avion hier. Pas plus que d’autres musiciens du groupe, formation à géométrie variable dès son origine. Au cliché du Touareg “homme bleu sur son chameau” a succédé celui du rebelle saharien “à la guitare et Kalachnikov”.

“Certain parmi nous n’ont pas pu venir dans la tournée, parce qu’ils étaient dans une situation d’urgence où ils devaient protéger leur famille, reprend-il. Mais nous avons tenu à venir, même si c’est dur pour nous, dans ces moments difficiles, de chanter et faire la fête, pour faire passer au monde le message qu’il y a un peuple oublié qui est en train de mourir, au fond du désert du Sahara. Je ne crois pas que le gouvernement du Mali a une solution pour nous. Aujourd’hui, nous sommes dans la période debout. Pour s’asseoir, je ne sais pas quand ce sera.”

Certains musiciens déclareront un soutien clair au MNLA, mais Iyadou poursuit : “Nous savons que ceci n’est pas dû au peuple malien. Le peuple malien est un peuple uni et fier, mais c’est les gouvernants, les politiques qui ne veulent pas appliquer les accords. Le peuple malien, c’est un peuple avec lequel nous nous sentons en cohésion.”

DES DRAPEAUX DE L’AZAWAD SUR SCÈNE

Tinariwen, les groupes de musique ishumar, tels Terakaft, Tamikrest et tant d’autres, sont liés à l’histoire de leur peuple. En temps de nomadisme, de paix, et en temps de guerre et de rébellion. Des drapeaux de l’Azawad apparaîtront certainement sur leurs scènes à Hong Kong ou San Francisco, comme un drapeau Amazigh apparut lors d’un concert à l’Olympia, il y a quelques années.

CLICHÉ DU REBELLE “À LA GUITARE ET KALACHNIKOV”

Personne ne semble penser qu’au lieu de monter sur scène, il puisse préférer pour un temps s’occuper des siens, les mettre en sécurité. Ni Ibrahim ni Elaga Ag Hamid n’ont pris l’avion hier. Pas plus que d’autres musiciens du groupe, formation à géométrie variable dès son origine. Au cliché du Touareg “homme bleu sur son chameau” a succédé celui du rebelle saharien “à la guitare et Kalachnikov”.

“Certain parmi nous n’ont pas pu venir dans la tournée, parce qu’ils étaient dans une situation d’urgence où ils devaient protéger leur famille, reprend-il. Mais nous avons tenu à venir, même si c’est dur pour nous, dans ces moments difficiles, de chanter et faire la fête, pour faire passer au monde le message qu’il y a un peuple oublié qui est en train de mourir, au fond du désert du Sahara. Je ne crois pas que le gouvernement du Mali a une solution pour nous. Aujourd’hui, nous sommes dans la période debout. Pour s’asseoir, je ne sais pas quand ce sera.”

Certains musiciens déclareront un soutien clair au MNLA, mais Iyadou poursuit : “Nous savons que ceci n’est pas dû au peuple malien. Le peuple malien est un peuple uni et fier, mais c’est les gouvernants, les politiques qui ne veulent pas appliquer les accords. Le peuple malien, c’est un peuple avec lequel nous nous sentons en cohésion.”

DES DRAPEAUX DE L’AZAWAD SUR SCÈNE

Tinariwen, les groupes de musique ishumar, tels Terakaft, Tamikrest et tant d’autres, sont liés à l’histoire de leur peuple. En temps de nomadisme, de paix, et en temps de guerre et de rébellion. Des drapeaux de l’Azawad apparaîtront certainement sur leurs scènes à Hong Kong ou San Francisco, comme un drapeau Amazigh apparut lors d’un concert à l’Olympia, il y a quelques années.

Arnaud Contreras

Lien vers l’article sur Le Monde.fr +++

Sahara, Rien ne va plus ? sur France Culture

January 16th, 2012

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“Baroud (poudre à canon)”

Deux numéros de l’émission Tout Un Monde sur France Culture, mardi 17 et mardi 24 janvier 2012, de 15 à 16h, pour évoquer la situation actuelle au Sahara, classé “zone rouge” selon les différents ministères des affaires étrangères occidentaux.

- La première émission, mardi 17 janvier 2012 à 15h, sera consacrée au Sahara d’hier, ses réseaux et solidarités traditionnels, comment s’est constituée et en quoi consiste « la » société saharienne. Porter un éclairage sur les différentes populations qui y vivent, quels types de relations entretiennent-elles, entres elles. Aires culturelles, aires linguistiques, économies, et migrations intra-africaines.

Invité studio au micro de Marie-Hélène Fraïssé : Pierre Boilley, directeur du Centre d’Etude des Mondes Africains, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de l’Afrique subsaharienne contemporaine.

Reportages réalisés par Arnaud Contreras avec Ibatan El Moktar, association Taflist ( “La Confiance”), et Julien Brachet, géographe, chercheur à l’IRD, auteur de “Migrations transsahariennes – Vers un désert cosmopolite et morcelé » (éditions du Croquant, 2009).

- La seconde émission, mardi 24  janvier 2012 à 15h, sera consacrée au Sahara d’aujourd’hui, aux facteurs qui mènent à l’insécurité pour les populations sahariennes et leur isolement du reste du monde. Nous évoquerons les conséquences de la guerre en Libye, les organisations politiques exogènes aux visées politico-théologiques (Al Qaïda au Maghreb Islamique), les réseaux d’acheminement de migrants clandestins et de produits illicites (cannabis, cocaïne) découpant cet espace en « territoires » soumis aux contrôles de groupes ethniques, les richesses minières importantes (pétrole, uranium, or, fer, etc.) générant des compétitions entre les multinationales occidentales et les grandes sociétés nationales.

Invité studio au micro de Marie-Hélène Fraïssé :
- Pierre Boilley, directeur du Centre d’Etude des Mondes Africains, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de l’Afrique subsaharienne contemporaine.
- André Bourgeot, directeur de recherches EHESS, anthropologie politique du nomadisme, organisateur du colloque “Sahara de tous les enjeux”.

Reportages réalisés par Arnaud Contreras avec Alain Antil, chercheur à l’IFRI, spécialiste des trafics de stupéfiants en Afrique de l’Ouest, Abdou Afane et Laurent Gagnol, chercheurs à l’Université de Grenoble, spécialistes des pressions que les nomades subissent du fait de l’exploitation de mines sur leurs territoires de pâturage et de vie.

Les deux émissions seront disponibles en podcast et écoute sur le site de France Culture à cette adresse +++

Film Fanfare

January 12th, 2012

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Bombino, Tamikrest and Ag Jackson

January 9th, 2012

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Bombino, Tamikrest and Ag Jackson, Paris, 11/2011

Lettre aux otages sahariens

November 25th, 2011

tombouctou

Tombouctou. Mali. Mosquée Djingareyber. 2007


Mes pensées premières aux familles qui quittent depuis quelques mois Kidal, Gao, la région, pour se réfugier à Bamako ou en brousse, sans que personne n’en parle.

Mes pensées premières pour ces familles qui n’osent plus parler librement au téléphone depuis des mois, persuadées qu’elles sont écoutées, envahies par la peur qui provient de tous côtés.

Mes pensées premières aux jeunes qui se font arrêter sur les pistes par des barbus, parce qu’ils fument des cigarettes et écoutent du rock ishumar.

Mes pensées premières pour des jeunes femmes touarègues, qui pour certaines, ne peuvent plus serrer la main de leurs cousins, se promener sur les marchés sans être accompagnées par un homme.

Mes pensées premières pour les réfugiés de Libye, qui ont tout laissé dans leur ancienne patrie depuis deux générations, qui ne sont pas “mercenaires”, mais soldats, artisans, commerçants, mes pensées premières à ceux qui les ont généreusement accueillis, sans aide humanitaire occidentale, sans contrepartie, désignés ici comme “ennemis”.

Mes pensées premières pour ces jeunes qui s’agitent sur Facebook, les forums, blogs, nous offrent à voir pour la première fois ô combien le sable parle, les peuples du Sahara ne sont pas un.

Mes pensées premières pour ces âmes perdues, otages de commerces à court terme, au Niger, Mali, Mauritanie, Algérie, par eux, contre eux et les leurs.

Mes pensées premières pour les “fous du Sahara”, occidentaux parfois naïfs, mais tous de bonne volonté, qui défendent, aiment vivre le lien qu’ils ont créé avec des personnes croisés au désert. Sonnés.

Mes pensées premières pour les otages occidentaux, leurs familles, ceux qui cherchent réellement à les faire libérer.

Mes pensées premières pour tous les amis qui m’ont accueilli au Sahara, aujourd’hui otages.

Mes pensées premières pour les musiciens, porte drapeaux des cultures Tamasheq, Songhai, Maure, Peul;
nous ne comprenons toujours pas vos paroles,
mais puisse votre musique accompagner,
maintenant,
un éveil tant annoncé.

Un jour je repasserai vos portes,
vos passes,
nous allumerons un feu,
brancherons les guitares,
et vous me raconterez comment vous avez gagné la guerre contre vos divisions,
et contre ces fous qui ont voulu taire à jamais votre culture et votre mot préféré:
Liberté

Arnaud Contreras

Nouakchott Villes Mondes

November 24th, 2011


Nouakchott Villes Mondes par franceculture

Grâce à Christopher Kirkley (Sahel Sounds), j’ai rencontré la famille Ould Jeich Ould Abba à Nouakchott il y a deux semaines. Leur père est l’inventeur du Jagwar, un style de musique traditionnelle mauritanienne, joué au rythme des “avions jaguars français qui survolaient Atar pendant la guerre du Sahara dans les années 70″.

La suite lors de la diffusion du documentaire “Nouakchott Villes Mondes”, le dimanche 4 décembre 2011 de 14 à 16h00.
Grand entretien avec Abderrahmane Sissako, cinéaste.
Infos: http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-villes-mondes-nouakchott-2011-12-04

Documentaire Nouakchott Villes Mondes France Culture

November 23rd, 2011

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Nouakchott Villes Mondes, un documentaire d’Arnaud Contreras, réalisation Jean-Claude Loiseau, technicien Georges Thô.

Diffusion sur l’antenne de France Culture le dimanche 4 décembre 2011, de 14h00 à 16h00.
Ecoute et podcast sur http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-villes-mondes-nouakchott-2011-12-04
Grand Entretien avec Abderrahmane Sissako, cinéaste

PRÉSENTATION

Née des sables en 1957, pour accompagner la naissance de la République Islamique de Mauritanie, Nouakchott occupe aujourd’hui la place privilégiée de carrefour entre le Maghreb et l’Afrique de L’Ouest.

Passée en quelques années de 10 000 à 1 million d’habitants, elle est confrontée à des défis qui inspirent les créateurs qui y vivent.

Chacune des sept communes qui la composent reflète la diversité sociologique, culturelle et ethnique de cet espace qui était encore une terre de nomadisme, il y a à peine 60 ans. Maures, Hâratîn, Peuls, Wolofs, Soninkés apportent tous à la capitale Mauritanienne des influences culturelles que nous présenterons au travers des voix d’artistes et personnalités culturelles.

Nous accompagnerons des écrivains et anthropologues, pour lire à leur côté la ville, percevoir la forte influence marocaine qu’elle connaît d’un point de vue architectural, la volonté d’offrir un style, un passé re-composé à Nouakchott, par des ornements et certains types de constructions.

La musique est le mode d’expression artistique le plus répandu en Mauritanie. Les musiciens, qu’ils soient chanteurs traditionnels, de variété arabe, griots, joueur de jagwrar, ou rappeurs, sont écoutés à travers toute l’Afrique et franchissent désormais le Sahara et l’Atlantique.

Une grande place leur sera accordée dans ce documentaire, et un intérêt particulier sera porté à leurs textes, aux langues qu’ils utilisent, Hassania, Arabe, Français, Wolof. Comme leurs aînés poètes, ils louent l’amour et l’amitié, mais ils sont aussi tous porteurs d’un même message envers leurs concitoyens : l’unité du pays, une cohabitation harmonieuse entre les différentes ethnies.

Grand Entretien avec Abderrahmane Sissako, cinéaste

Invités :

Malouma Mint Meidah, chanteuse, sénatrice

Abderamane Salem, directeur de la maison des cinéastes

M’Bareck Ould Beyrouck, écrivain, journaliste

Tahra Mint Hembara, griotte

Abdel Wedoud Ould Cheikh, anthropologue

Monza et Ziza,  rappeurs

Oumar Ball, sculpteur

Isabel Fiadeiro, carnettiste et galeriste

Seddoum et Sidatty Ould Jeiche Ould Abba, musiciens

Mohamed Kaber Hachem, poète, président de L’Union des Écrivains Mauritaniens

Lecture de textes de Habib Ould Mahfoud, poète et chroniqueur

SÉLECTION DE LIVRES

Nouakchott, au carrefour de la Mauritanie et du monde, Armelle Choplin, Karthala, 2009

Tribus, ethnies et pouvoir en Mauritanie, Philippe Marchesin, Karthala, 2010

Nouvelles du Désert, Beyrouk, Présence Africaine, 2009

Musique, honneur et plaisir au Sahara, Michel Guignard, Geuthner, 2005

Odette du Puigaudeau (1894-1991). Une Bretonne au désert, Monique Vérité. Petite Bibliothèque Payot, 2001

SITES INTERNET

Sahelsounds.com
Explorations musicales de la Mauritanie par Christopher Kirkley, ethno-musicologue.

M comme… Mauritanie
Blog de la journaliste Suisse Claire Jeannerat. Abécédaire de Nouakchott  et de la Mauritanie.

Nouakchott depuis un cerf volant,
par Simon Nancy, Géographe et photographe.

Mauritanie Découverte
L’actualité culturelle mauritanienne.

Rimaculture
Actualité des artistes mauritaniens.

Photo: Tahra Mint Hembara, griotte.

Exposition Kerouac

October 29th, 2011

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Présentation de mon exposition “Kerouac in my bag” à la médiathèque de Saintes (17), du 4 au 29 octobre 2011. Heureux de faire découvrir la Beat Generation à de jeunes lycéens, de bousculer leur approche de la littérature, de les faire réfléchir aux choix multiples de routes et chemins.

L’exposition est disponible à la location pour d’autres escales. Présentation et contact: http://www.a360.org/article.php3?id_article=429

Whammy Bar and The Wine Cellar, Auckland

October 24th, 2011

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Whammy Bar and The Wine Cellar, Auckland, NZ, pendant l’enregistrement du documentaire “Auckland – Villes Mondes” que vous pouvez écouter sur le site de France Culture, par là +++

Sky Tower Auckland

October 23rd, 2011

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Alleluya Bar, St Kevin’s Arcade, Auckland, NZ; l’endroit où nous avons croisé une grande partie des artistes d’Auckland. Notre refuge entre deux enregistrements du documentaire “Auckland Villes Mondes” que vous pouvez écouter sur le site de France Culture là +++

Auckland Villes Mondes

October 18th, 2011

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Diffusion le dimanche 23 octobre 2011 du documentaire “Auckland Villes Mondes” sur l’antenne de France Culture, de 14h à 16h.

Une belle aventure partagée avec Marie-Ange Garrandeau et Georges Thô.

Vous pouvez également écouter le documentaire sur le site de France Culture là +++

En conclusion du documentaire, un entretien avec Alan Duff,  écrivain néo-zélandais, voix dissonnante dans la communauté maori, et entre autres, auteur de l‘âme des guerriers adapté au cinéma par Lee Tamahori.

Notre ambition est de vous immerger pendant deux heures dans la vie culturelle d’Auckland, de vous faire rencontrer quelques belles personnes croisées d’ateliers en salles de concerts indés.

Plutôt que vous livrer une présentation que vous pourrez retrouver sur le site de la chaîne, je préfère reproduire ci-dessous le texte d’introduction.
Une piste vers l’île la plus lointaine que j’ai visité, où je vous souhaite réellement d’aller tant l’accueil des Aucklanders nous a tous les trois marqué.

Un remerciement particulier à Eleonore Klar, fondatrice d’ I Heart Magazine, qui m’a donné les bons conseils pour passer une bonne 1ère soirée à Auckland et rencontrer ceux qui furent mes guides et que vous retrouverez dans le doc.

Kia Ora ! (Portez-vous bien !)

Le jour de mon arrivée à Auckland,
j’ai foncé sur les quais pour rendre hommage à Sir Peter Blake, marin de légende, en espérant voir un de ses bateaux de l’America’s Cup.
J’ai participé à une performance collective sur les marches d’un musée.
J’ai soutenu l’équipe de France de rugby dans un stade bondé de Néo-zélandais déguisés en ninjas et geishas qui hurlaient « bonzaï !!! » à chaque passe réussie par l’équipe japonaise.
J’ai fuis le Pastis, bar où se retrouvent les expats français pour suivre les indications d’une amie qui me mèneraient aux Whammy Bar et Wine cellar, salles de concerts indé.
J’ai assisté à trois concerts dont même les musiciens ne savent pas définir le style.
Je me suis déchiré un muscle en bringueballant ma valise d’un endroit l’autre, et tout cela avec le sourire, le sentiment de prendre une ville dont l’architecture violente me confirmait dans le fait que j’étais au bon tempo.

Le lendemain je réalisais que le métronome que je suivais était faussé par le décalage horaire depuis Paris.

Hormis des touristes déambulant en poncho aux couleurs de leur équipe, aucun écho en journée de la coupe du monde de rugby.
Hormis les sirènes de camion de pompiers d’inspiration américaine, aucun Klaxon, peu de bruits nocifs.

Auckland est calme.

Les aucklanders sont réservés, affichent des signes extérieurs de bien-être, pas de richesse.
Ils marchent paisiblement dans les rues, respectent tous, sans exception, les passages cloûtés. Ici, la folie est tolérée mais entre les lignes comme le décrit l’un des grands écrivains de la ville, Chad Taylor, dans les textes de ses romans.

J’ai du tout reprendre à zéro, oublier de courir,
m’adapter au pouls propre à chaque quartier,

au rythme tranquille d’Auckland.

Exposition Sahara Rocks ! au Grand Bivouac

October 18th, 2011

tamikrest-ombres

À l’invitation du Grand Bivouac d’Albertville, le festival du voyage et des découvertes partagées, je présenterai du 20 au 23 octobre 2011 l’exposition Sahara Rocks ! , au Dôme Théâtre et participerai à plusieurs conférences sur la “zone saharo-sahélienne”, comme l’on dit maintenant… J’essaierai de passer quelques bonnes nouvelles sahariennes, et surtout du bon son Ishumar si je trouve un endroit où en diffuser dans la ville (Petite annonce !).

Découvrez la programmation complète, conférences, projections, rencontres avec des écrivains et documentaristes :

http://www.grandbivouac.com

Pour découvrir mes photographies, cf mon site, rubrique Portfolio / Sahara : http://www.arnaudcontreras.com/

Mix Final à Auckland

October 18th, 2011

Dimanche 23 octobre 2011 à 10h00, l’équipe de France de rugby affrontera les All Blacks à Eden Park. De 14 à 16h00, nous diffuserons sur l’antenne de France Culture le documentaire Auckland Villes Mondes. Chacun sa finale.

Samedi dernier au studio 115, tard dans la nuit, nous avons clos une période de 6 semaines de travail pour vous offrir une immersion radiophonique dans la vie culturelle d’Auckland, des rencontres avec ses artistes qui ont parfois des voix dissonantes par rapport à ce que vous avez pu entendre sur la Coupe du Monde de Rugby, la Nouvelle-Zélande, la place des maoris. 2 semaines de préparation, 5 jours en Nouvelle-Zélande, 3 semaines de montage et mixage.

Une course de longue haleine dont la dernière semaine a été marquée par la réalisation de traductions, de lectures de textes, leur enregistrement, des choix impossibles de séquences et de titres de musiques à sacrifier pour jouer avec le rythme du documentaire, la joie de retrouver des bribes de sons égarés, mixés par Philippe Carminati.

Dimanche vous découvrirez 1h30 de documentaire, 30 minutes d’entretien avec l’écrivain Alan Duff.

Les paroles de l’auteur de « L’âme des Guerriers » sont tellement fortes que nous avons dû, dès les premières minutes de montage, réfléchir à comment ne pas faire bondir nos auditeurs immergés dans la calme Auckland.

Deux éléments en un programme. Deux séquences dont l’articulation a été au cœur de la construction que nous avons tenté.

Je tiens à remercier tout particulièrement Eleonore Klar, fondatrice de I Heart. Pendant deux mois, elle a sillonné les ateliers, festivals, salles de concert d’Auckland afin d’y réaliser un numéro spécial de son magazine. C’est elle qui généreusement, sans que l’on se connaisse, m’a ouvert les premières portes de K’Road, l’un des lieux principal de nos cessions d’enregistrement.

Sans en faire un usage excessif, nous avons distillé quelques titres que la journaliste-éditrice, les disquaires de Real Groovy, les équipes de la radio 95B FM et des magazines Volume, Cheese on Toast et Under The Radar nous ont conseillés.

Vous trouverez ci-dessous une liste de groupes de musiques Aucklanders. Certains sont dans le documentaire, tous sont maintenant dans la liste de lecture que j’emporte avec moi en voyage et que je me permets, à mon tour, de vous conseiller.

Bonne écoute.

Kia Ora !

(Portez-vous bien ! )

Liste de lecture Auckland :

The Vietnam War

http://thevietnamwar.bandcamp.com/album/the-vietnam-war

She’s so rad

http://shessorad.bandcamp.com/album/in-circles

The Mint Chicks

http://www.themintchicks.com

Naked and Famous

http://www.thenakedandfamous.com

The Drab Doo Riffs

http://www.myspace.com/thedrabdooriffs

Unitone HiFi

http://unitonehifinz.bandcamp.com/

Rhombus

http://www.rhombus.co.nz/

Pop Strangers

http://www.popstrangers.com

Richie Jackson mediateur sonore

October 16th, 2011

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À l’heure où je vous écris, la souris de notre chargée de réalisation, glisse sur les pistes du banc de montage avec l’aisance de Richie Jackson dans un skatepark.
Vous ne connaissez pas le Aucklander Richie Jackson ?

Star du skate et des boutiques hippie chic, Richie a l’humour d’avoir inscrit sa page Facebook dans la catégorie « athlètes».

Regardez cette vidéo, il est tout de même légitime que ses « galipettes » soient aux côtés de celles de quelques athlètes-rugbymen en troisième mi-temps.

Mais que diantre s’intéresser à un athlète dans le cadre d’une production sur la vie culturelle d’une ville, ses artistes ?

Il est certes passionnant d’enregistrer les confidences de grands auteurs, plasticiens, metteurs en scène. Mais lorsque nous sommes sur le terrain pour réaliser un documentaire, nous chassons également une importante somme de sons, qui puissent aider les auditeurs à imaginer les espaces, les volumes dans lesquels évoluent ces artistes.

Pour fabriquer des images audibles, pour capter la ville, il ne suffit pas de placer un micro à l’angle d’une rue. Il nous faut trouver des médiateurs sonores. Des personnes, objets, véhicules qui ont un contact direct avec le sol, les murs, la « matière-ville ».

Traverser Auckland sur les pas d’un skater eut été parfait.

Je n’ai pas pu rencontrer Richie, qui a pris la nationalité Australienne et habite Santa Monica en Californie.

Notre ingénieur du son, a en revanche, de manière intuitive, déclenché son Nagra à chaque fois qu’un musicien de rue tapait du pied, qu’un matelot frappait un nœud. Leurs noms ne seront pas au générique, ni sur la page que crée pour le documentaire notre attaché de production Marianne Chassort.

Mais ils sont cette semaine les stars de notre banc de montage tant ils nous aident à restituer les couleurs d’Auckland.

Ps : Tendez l’oreille lors de la diffusion de l’entretien avec le chanteur Don Mc Glashan… Quelques skates frottent les escaliers Néo-Zélandais tout de même.

Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur France Culture

Bordures et trames

October 14th, 2011

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Enfermés volontaires dans une cellule aveugle de la Maison de la Radio, nous écoutons avec Marie-Ange Garrandeau les enregistrements réalisés à Auckland. Que leurs visages apparaissent sur les écrans lisses des bus municipaux ou sur le papier rugueux de fanzines, les artistes avec lesquels nous avons conversé ont en commun le sens de la mesure.

Pour le chanteur Don McGlashan, ex-punk du groupe Blam Blam Blam, auteur de l’hymne d’Auckland, Dominion Road, cette retenue est due au fait que la Nouvelle-Zélande est l’une des « colonie britannique », les plus récentes. À peine deux cent ans d’histoire commune avec les Maoris. À peine le temps d’apprendre à vivre en ces confins, d’en inscrire les codes dans sa manière de vivre, de s’y sentir chez soi pour certains kiwis.

Les interviews se succèdent et je ne saurai dire qui est respectueux, qui est gêné. Tous sont chaleureux, ouverts aux échanges, et dès lors que l’on tente une percée, Georges Thô enregistre soit un flegmatique « Hûmm » (parfait pour les transitions au montage), soit un flatteur « interesting question » (corbeille sauf crise aiguë d’ego).

Component, membre du collectif de street art Cut Collective, nous présente un mur sur lequel il réalise une fresque d’une dizaine de mètres de long.

Habitués à habiller les surfaces qui leur plaisent dans la ville, les graffeurs nous précisent que ce travail est une commande de la mairie. Un « curated wall », un mur autorisé. Une sorte de 1% culturel version hip hop.

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Au fil de notre déambulation dans leur quartier, d’une surface autorisée par les autorités à une autre suggérée par des commerçants, ils m’expliquent qu’à l’occasion de la Coupe du Monde a été créée une brigade spéciale qui a effacé tous les tags, graffs et collages illégaux. Point de rébellion des fans de street art, de train peint de nuit pour se venger. Le fait est accepté, négocié avec un délégué pour la jeunesse.

Une amertume tout de même (après un « Hûmm ») : pour sa dernière campagne de recrutement, la police néo-zélandaise a confié à une célèbre agence de communication la réalisation dans tout Auckland de Graffs…

La trame du documentaire, de l’immersion, se dessine. Encore quelques écoutes et nous commencerons à jouer avec les civilités rectilignes de certaines interviews et les courbes des ambiances et musiques.

Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++

Les voyages forment l’écoute

October 12th, 2011

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Au croisement de Pitt Street et de K’Road, Georges, notre ingénieur du son, me tend son casque. La voix puissante de Chris Saines, directeur de la Auckland Art Gallery, couvre les bruits des voitures de la rue dans laquelle nous l’avons interviewé quelques heures plus tôt. Et cette certitude : la mondialisation ne gagnera pas la bataille des sons.

En arrière plan, il y a certes le bruit des moteurs, pots d’échappements et portières, comme en toute artère urbaine du monde industrialisé. Mais point de klaxons. En dix jours à Auckland, je n’ai entendu personne utiliser cet instrument mal accordé. Je n’ai pas non plus été dérangé par les sonneries de téléphones portables tant elles sont réglées à leur plus bas niveau, quand elles ne se résument pas à quelques vibrations.

Constat propre « au pays poli », où l’on hausse le ton en journée*, que lorsque son équipe favorite manque un essai sur le terrain de rugby ?

De CDB, quartier central, à Mount Albert, banlieue résidentielle, chaque prise de son reflète le caractère unique de la rumeur urbaine captée. Celle de cette Californie Anglaise est étonnante quand on y prête l’ouïe.

Outre le lointain qu’évoquent les conversations glanées, aux accents des campagnes écossaises ou du Henan, traversez une rue (entre les lignes blanches !) et vous serez projetés dans un jeu vidéo du siècle passé, Pacman ou Space Invader.
Entrez dans un fast-food d’une chaîne implantée dans le monde entier, et vous découvrirez une signature vocale calquée sur celle des karaokés où se pressent les importantes communautés asiatiques de la ville.
Dormez à côté d’une caserne de pompiers et vous maudirez la gamme de tons utilisée par les sirènes des soldats du feu, ni américaine, ni anglaise, ni chinoise.

Le son d’Auckland est unique; nous sommes bien en climat sonore tempéré.

Au 3ème sous-sol d’une barre d’immeubles, près de Myers Park, le bruit existe cependant. Des quatre coins de la Nouvelle-Zélande, The Audio Foundation a convoqué des artistes sonores le temps d’un week-end. Armés de VTT customisés en harpes ou de centimètres de bricolage transformés en cymbales, les membres de « L’Orchestre des Instruments Inventés » a défié la calme Auckland. Virgules que nous distillerons dans le documentaire.

Auckland – Villes Mondes – Audiofoundation par franceculture

* En cette période de coupe du monde et de sortie de l’hiver, où les statistiques de consommation nocturne de bière par les Aucklanders sont perturbées, il se peut que quelques éclats de voix ou musiques très cockney altèrent ces considérations.

Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++

Arbitrages

October 11th, 2011

fan-trail

Dans neuf minutes la période blanche s’achèvera. Toute la journée les rues d’Auckland ont été submergées par une marée verte. Tintements de pintes, provocations, rires et bravades des Irlandais qui jouent contre l’Australie ce soir à Eden Park. À 18h00 tout s’est arrêté. En vingt minutes, le courant a poussé les supporters chanceux vers le stade, les autres vers les supermarchés puis les écrans plasma de leurs salons. Ville blanche.
Le volume sonore baisse de cinq niveaux, on entend de nouveau le bruit des roues trempées sur le goudron. Période de calme, propice à la discussion avec l’équipe de tournage.

Ce documentaire prend le pari d’immerger les auditeurs dans la vie culturelle d’Auckland, de leur faire rencontrer un espace intellectuel, sonore, de les surprendre. Et l’on s’interroge sur ce concept, après avoir réalisé une série d’entretiens et de prises de sons.

Les questions fusent ; pourquoi tel angle, pourquoi telle entrée, pourquoi telle problématique sociale, pourquoi tel artiste ou quartier est mis en lumière plutôt qu’un autre ?

Chaque membre de l’équipe aurait emprunté une porte différente, mais les couloirs auraient mené aux mêmes lieux. Des salons, bars et ateliers où se croisent des artistes officiels, patentés, « mainstream », et des « talents émergents », underground.

Si j’avais été à New York ou San Francisco en 1955 serais-je allé écouter Kerouac, Ginsberg, connus de quelques happy few, ou bien le déjà très célèbre Henry Miller ? Je pense que j’aurais commencé par ces chers poètes beats, qu’eux m’auraient offert le cœur, le danger et l’énergie de leur cité. J’aurais poursuivi avec l’auteur du Tropique du Cancer, pouls régulier, identifié et attendu.

On ne peut inventer la vie culturelle d’Auckland. Certes on nous propose discrètement des listes de créateurs, des événements, des « menus », comme si l’on devait choisir une recette internationale, produire un documentaire bolognaise.

Mais le cœur est en ce moment à K’Road, quartier bohème dont certains murs sont recouverts des graph de Cut Collective. Ses poumons sont autour de la Auckland Art Gallery, des écrits d’Alan Duff.

Il existe des sons, des artistes, des zones de créations isolées, pérennes ou éphémères à côté desquels nous passons sans les remarquer, d’autres que nous laissons de côté, par choix souvent, et du fait des contraintes techniques ou de durée de production.

De cet arbitrage naîtra en partie notre documentaire.

Et si nous devions produire un documentaire sur la vie culturelle et intellectuelle de Paris en cinq jours pour une durée finale de deux heures, quels artistes choisirions-nous ?

La période blanche s’achève, les pubs se remplissent, les minijupes vertes défilent et les verres tintent à nouveau.
Le match nous sauve de devoir répondre à cette question. Go Ireland Go !

Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++

Abnégation radiophonique

October 10th, 2011

Abnégation de l’ingénieur du son et de la chargée de réalisation.

À peine arrivés à Auckland après deux jours de voyage, Georges Thô et Marie-Ange Garrandeau ont souhaité “écouter” la ville.

Il se trouve que les très pop MurderChord devaient jouer ce soir au Whammy Bar ! , petite salle de concert nichée dans les sous-sols de Saint Kevin’s Arcade.

…. Je n’avais pas prévu qu’il y aurait une première partie plus métal.

“Qu’importe ! me précise Marie-Ange,”Ce documentaire est une immersion”, tandis que Georges se concentre sur les diodes légèrement écarlates de son Nagra.


Villes Mondes – Auckland – Whammy par franceculture

Ps : Chers amis ne vous inquiétez pas, nos tympans vont biens et reçoivent en journée les confidences d’artistes beaucoup plus calmes mais tout autant investis dans leurs créations telle la prolifique Tanja Jade

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Haka et autres démarches

October 9th, 2011


Auckland Villes Mondes / The Artisans par franceculture

Pour sa ré-ouverture après de longs travaux, la Auckland Art Gallery a décidé d’investir la rue. Pendant deux jours, la troupe The Artisans a invité les passants à visiter le principal musée d’Auckland en les surprenant.

Quelques improvisations sérieuses sur un mode Haka dans un style très 1973 (vidéo ci-dessus), mais surtout des performances contemporaines hilarantes. Je suis resté une bonne demi-heure à les regarder bondir, s’exclamer, mettre un peu de furie dans ce quartier calme.

L’institution a offert une carte blanche aux comédiens, « mais dans un cadre bien défini » affirme Browny Bent, leur productrice.

La jeune femme est également à l’origine du projet The Edge qui propose à plus de 600 enfants de 3 à 6 ans de découvrir la culture Pacifique. Auparavant, elle s’est impliquée dans le projet Homeless Economics, permettant à des sdf de mettre en scène des événements qu’ils ont vécus dans la rue.

Browny est la 4ème personne d’Auckland, à me dire cette phrase : “dans un cadre bien défini”.

À chaque fois j’imagine un film des Monty Python dans lequel il y aurait un ministère du cadre bien défini sur le modèle de leur ministère des Silly Walks (traduisible en français par démarches à la c..)

Je crois que je vais aller demander au rapper Che-Fu comment il entend l’expression “dans un cadre très défini”… lui qui doit jouer au well respected Queen’s Wharf vendredi soir.

Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++