POORISM (Poverty Tourism). Vie et sommeil d’un film documentaire

January 5th, 2010

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Une productrice avec laquelle je travaille vient de m’apprendre que France 5 refusait notre proposition de film documentaire Township Tour. L’ambition de ce projet était de parler d’un type de tourisme que les chercheurs en sciences sociales nomment le Poverty Tourism ou “Poorism”.

J’ai découvert ce phénomène en 2004, lors d’un tournage dans le township de Khayelitsha, proche du Cap, en Afrique du Sud. En fin de journée, une femme formidable, membre de l’association de femmes séropositives Monkey biz, m’a demandé de la suivre. Après quelques minutes de marche, nous sommes retrouvés sur un promontoire dominant tout le township.

Avec fierté, elle m’a présenté la réalisation de sa communauté: ” tu vois, certains touristes qui ont peur d’entrer dans les townships peuvent ainsi les voir de loin, de haut; on fait payer l’accès à notre plateforme et cela génère des revenus pour les ONG”.

Je découvrais que des touristes rémunéraient des agences pour photographier des pauvres.

J’avais entendu parler des ces dingues qui circulaient en minibus dans le Tiers monde pour découvrir des lieux de sinistres naturels ou économiques. J’étais révolté par cela. Mais là, face au sourire épanoui de cette femme, fière de son entreprise, j’étais décontenancé.

Depuis, je me disais que viendrait l’occasion de parler de cela, que ce soit en photo, en film ou en radio. Malheureusement, pour parler d’un tel sujet, il faut toujours une actu…
L’annonce de la coupe du Monde de football, qui se déroulera à l’été 2010 en Afrique du Sud, l’écoute d’une société de production “très bien installée” dans le paysage médiatique parisien, ont été autant d’éléments qui s’annonçaient favorables à ce partage. Cette société a réellement travaillé sur ce film, a respecté le traitement documentaire que j’ai proposé, un regard calme et qui conduit le spectateur à se poser des questions sur le Poorism, l’antithèse d’un envoyé spécial ou d’un sujet pour M6 qui impose ses réponses. L’enquête en ligne a été fructueuse. La rédaction du synopsis en collaboration avec la productrice a confirmé que nous étions face à un phénomène mondialisé. Pour la première fois de ma vie, j’ai adopté dans un dossier le ton rédactionnel “classique et sympa” qui serait celui que les chaînes hertziennes attendent, éloigné de mon écriture.

Il aurait été facile de prendre un angle à la Michael Moore, de dénoncer cette “affreuse industrie et ces méchants voyeurs”. Mais j’aurais trahi le sourire de cette femme, sa satisfaction de pouvoir présenter sa communauté, son village, à des gens qui en ignorent d’habitude l’existence. Je n’aurais présenté qu’un point de vue des habitants du township, de ceux qui sont contre le “poorism”. Ils existent, mais d’autres ont une vision différente.

Seules des chaînes étrangères et francophones ont accepté le dossier du film, mais cela ne suffit pas à obtenir le budget nécessaire pour s’offrir du “temps honnête”, de réalisation d’un film, de son montage, la “rémunération normale” de tous les techniciens.

Il faut être honnête. Nous avons présenté le dossier trop tard par rapport à l’actu Coupe du Monde. Mais, ce n’est absolument pas la réponse que nous avons reçu ! Le refus des grandes chaînes a été motivé par des arguments qui peuvent s’appliquer à n’importe quel film, lettres-type photocopiées avec changement de destinataire. Seule une chaîne hertzienne a indiqué que les films qu’elle produirait cette année sur l’Afrique du Sud, le seraient uniquement au travers d’un prisme sportif.

L’écriture et la production de films documentaires se solde très souvent par des échecs. En allant vers une société de production “très bien installée”, je pensais augmenter mes chances de voir un projet prendre vie. Mais je découvre qu’ils comptent eux aussi de nombreux échecs, beaucoup, sauf sur les sujets “people”. L’énorme différence par rapport aux petites structures de productions telles À 360 Productions ou Alternatives Nomades, c’est que nous, indépendants, ne nous arrêtons pas à des lettres types des chaînes de télévision, des institutions et aux budgets serrés. Sinon, je n’aurais jamais produit Ithemba, Manif de Droite, White Riot, Notes Géorgiennes, Sahara Fragile et tant d’autres projets et expositions. Sinon, mon ami Xavier de Lauzanne n’aurait jamais réalisé son film actuellement en salle, d’Une Seule Voix. Sinon, Dennis Hopper n’aurait jamais réalisé Easy Rider.

Pour tenter de réaliser ce film je me suis engagé dans la filière “classique”. Ce projet s’arrêtera donc pour l’instant de manière “classique”.

Enfin pas tout à fait.

Je reste fidèle aux “Pourquoi Pas?” du commandant Charcot.

Plutôt que d’atterrir dans une cave, je préfère que ce dossier sur lequel nous avons bien travaillé soit diffusé en ligne, ci-dessous et ait ainsi une autre vie, d’autres vies peut-être, que vous découvriez le POORISM,

et le sourire de cette femme.

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Township Tour

Par Arnaud Contreras

À l’occasion de la coupe du monde de football qui aura lieu en Afrique du Sud à l’été 2010, les offices du tourisme mettent en avant de nouveaux types d’activités, notamment, les township tours.

Des touristes, venus en autocars, peuvent traverser les bidonvilles, les admirer du haut d’une plate-forme panoramique, acheter des souvenirs dans des boutiques spécialisées et, éventuellement, rencontrer de vrais habitants des bidonvilles. Le tout sans prendre de risques et en quelques heures.

Ce film propose de présenter et de questionner cette nouvelle forme de tourisme dans les bidonvilles hérités de l’Apartheid.

Est-ce une forme de voyeurisme de la part des voyageurs ? Souhaitent-ils découvrir le vrai visage d’un pays ? Que voient-ils vraiment ? Qu’en est-il de la redistribution des revenus auprès des populations locales ? Qu’en pensent ces dernières ? Quelles sont les initiatives locales qui traduisent le dynamisme des bidonvilles ? Est-ce un modèle économique viable pour les zones les plus démunies ?

Par un angle original, ce documentaire pousse la porte des zones réputées les plus dangereuses et les plus inaccessibles aux étrangers d’Afrique du Sud, et montre un autre visage du pays qui accueillera le Mondial l’an prochain.

L’histoire

Embarquement immédiat pour un tour à destination de Khayelitsha ! Le départ est fixé au centre de Cape Town. La visite peut durer, au choix, trois heures ou deux jours. Avec, selon la formule choisie, une simple visite de Lookout Hill, la terrasse aménagée pour “une vue spectaculaire sur le deuxième plus grand bidonville d’Afrique du Sud”, suivie de la rencontre de quelques authentiques habitants des bidonvilles.

Les touristes ayant opté pour la version longue pourront en sus visiter le marché d’artisanat de Khayelitsha Township où ils pourront acheter des poteries, du linge de maison, de la vannerie et des tableaux, tous bien sûr fabriqués à la main par les membres de la communauté. Ils pourront ensuite dîner au restaurant Gugu l’Africain, qui leur servira des spécialités xhosa (près de 90% des habitants du bidonville appartiennent à l’ethnie Xhosa), puis dormir dans un véritable cabanon de bidonville –les dépliants vantent Vicky’s V&B, “definitely the place to be for a night over in the township“.

À Cape Town, de nombreuses petites agences se sont créées pour faire découvrir les townships à des visiteurs désireux de connaître le « vrai visage » du pays. Ces entreprises sont non seulement soutenues, mais encouragées par les instances officielles, qui assument le passé d’Apartheid de leur pays. Cape Town Magazine présente ainsi avec un ton décomplexé et enthousiaste la ville de Khayelitsha : “This is the area where many coloured and black townships were created during South Africa’s Apartheid era (…). One of the must do’s in Cape Town is to do a good township tour of Cape Town’s townships”.

Ce phénomène des Township Tours fait partie d’un type d’activité plus large que les chercheurs en sciences sociales nomment Poverty Tourism, ou « Poorism». Des voyageurs consacrent ainsi une partie de leurs vacances à observer des populations en situation de précarité ou de pauvreté extrême. Outre en Afrique du Sud, les « Poorism Travel Tours » sont très populaires en Inde, en Ethiopie, au Brésil et plus récemment dans des lieux dévastés par des désastres naturels, ouragans et tsunamis.

Le film

La présentation de cette activité, et, à travers elle, d’un pays en mutation, reposera sur trois angles de vue qui correspondent aux trois acteurs du Townships Tourism : les habitants des bidonvilles ; les organisateurs des tours et les instances de tourisme ; les touristes. Le passage d’un point de vue à l’autre donnera un rythme au film, permettra de s’attacher à des personnages et de brosser un tableau d’ensemble vivant et pertinent.

Les habitants des townships sont très partagés sur l’afflux de ces nouveaux venus –et sur l’accueil qu’il convient de leur apporter. Certains, comme Mathefelo, y voient un moyen de sensibiliser le monde à leurs conditions d’existence. Avec fierté, elle accompagne les voyageurs sur Lookout Hill, un point culminant qui offre une vue d’ensemble sur les bidonvilles de Cape Town. Puis elle leur fait découvrir de petits musées, les accompagne dans les écoles et maisons communautaires. Elle peut ainsi montrer un autre visage des bidonvilles : à l’image de la violence et de la pauvreté se superpose celle d’un lieu où la débrouillardise, la créativité et l’énergie laissent entrevoir un grand espoir.

Vuyo Marubelela est allé plus loin dans sa démarche et a décidé d’ouvrir une auberge de jeunesse au cœur de son quartier. Le Vuyo Jazz Café est même devenu un centre culturel où se produisent de nombreux musiciens issus des townships. Pendant sa jeunesse, ce père de famille costaud s’était battu contre les pass law, ces lois parquant les noirs sud-africains dans les townships ou dans les zones reculées et attribuées aux populations sur des critères ethniques. Ouvrir aujourd’hui ces ghettos sur l’extérieur relève donc pour lui d’une suite logique, et même nécessaire, à la fin de l’Apartheid : “Vous savez, le tourisme c’est nouveau pour nous. Ici, il y a peu, les seuls Blancs qui venaient, c’était la police !’

En vue de l’afflux de visiteurs étrangers pour la coupe du monde 2010, le bidonville de Khayelitsha s’organise pour ouvrir des B&B. L’obtention d’un label d’agrément est basée sur des critères de confort et de sécurité –prochainement, ces offres devraient être disponibles à la réservation sur Internet. Et le ministère du tourisme a ouvert des cours gratuits pour les créateurs de microprojets dans les townships.

A six mois de la coupe du monde, certains habitants de Khayelitsha commencent donc à tenter de transformer un inconvénient majeur –le fait d’être né dans un bidonville, d’y habiter sans grand espoir d’en sortir- en un axe de développement. Le documentaire suivra ces personnages exemplaires qui ont su tirer parti de leur situation. En immersion dans le monde des townships aux côtés de ceux qui ont décidé de faire bouger les choses –ou simplement d’améliorer leur existence-, il montrera donc un aspect vivant et dynamique des bidonvilles. Pour cela, le film s’appuiera sur des personnages forts, charismatiques et porteurs d’espoir.

Il conviendra aussi de donner la parole, dans les communautés, à ceux qui sont hostiles au développement de cette forme de tourisme. Certains en effet supportent mal l’afflux des touristes. D’autres ont tout simplement décidé d’en tirer un parti très direct, en rackettant les groupes de touristes ou les tour-operators qui ne sont pas issus du bidonville.

Cette activité touristique est essentiellement destinée aux étrangers : 15% des 1,5 millions de touristes venus en Afrique du Sud passeraient ainsi quelques moments dans les quartiers périphériques des grandes villes. Plus de 200 000 visiteurs, mus par une certaine volonté d’aller vers l’autre, cela représente un marché important, qui va en croissant. Simon Kumanya, qui tient un petit stand d’artisanat dans une ruelle de Khayelitsha, rappelle que grâce aux Township Tours, il peut produire et vendre des souvenirs ; ce commerce emploie en définitive une vingtaine d’artisans locaux.

Cependant, les cas de Mathefelo, de Simon et de Vuyo, habitants des bidonvilles qui ont pris en main cette activité pourtant lucrative, demeurent isolés. 90 % des agences qui organisent ces visites sont étrangères aux quartiers. De fait, la visite des townships ressemble dangereusement à un safari-photos… En résultent un faible retour des revenus générés vers les populations et des tensions croissantes entre les organisateurs et les habitants.

Des études de ce nouveau type de tourisme ont été menées. L’une d’elle, émanant Centre for Community Change aux Etats Unis, questionne les 35 euros demandés en moyenne au touriste pour une visite de deux heures, alors que près de la moitié de la population mondiale –et la quasi totalité des habitants de Khayelitsha- vit avec moins de deux euros par jour… Vue sous cette perspective, l’activité ressemble bien à de l’exploitation pure et simple.

A travers des rencontres avec des organisateurs de Township Tours, mais aussi les responsables du tourisme à l’échelle nationale, notre film expliquera les rouages d’un circuit économique nouveau. Il tentera aussi de comprendre, avec un regard critique, pourquoi les initiatives locales demeurent marginales, si bien que les grandes agences extérieures ont réussi à mettre la main sur ce territoire pourtant apparemment difficile d’accès.

Et les touristes dans tout ça ? Leur motivation, dans l’ensemble, paraît plutôt ingénue : « Moi j’ai envie de savoir comment fonctionne un bidonville, rencontrer des habitants, voilà! », explique une voyageuse sur un forum, en réponse à des attaques un peu sarcastiques d’autres internautes (« c’est un peu curieux non ? » ; un autre s’insurge carrément : « c’est vraiment nul de visiter des bidonvilles comme touristes ! Pourquoi tu ne participes pas a aider l’ONG pour aider, au lieu d’humilier des personnes comme des animaux en cages ? »).

Les touristes eux-mêmes ne sont pas toujours très à l’aise avec cette forme d’activité. Beaucoup questionnent le sens de leur démarche : voyeurisme de la pauvreté, ou désir de comprendre comment fonctionne cet autre monde ? Même si cette activité suscite un grand engouement, les touristes qui la pratiquent doivent donc se forger des arguments de défense : « En ce qui me concerne il ne s’agit pas d’y aller en tant que voyeur. 
La plupart des gens aujourd’hui sont capables de parler de tout sans ne jamais avoir été confrontés à ce dont ils parlent. 
Ce n’est pas ma conception des choses, je suis curieux et j’ai envie d’aller voir par moi-même. 
Je vais y aller avec mes 2 enfants pour qu’ils se fassent également leur opinion, subjective bien sûr, mais basée sur une vraie expérience. » Un autre : « Une chose est sûre, je ne me sentirai pas comme dans un zoo, je ne suis pas un être supérieur. Je veux voir et comprendre. »

Le principe n’est-il pas indécent ? “Bien sûr. Mais mon but est de faire que les touristes et les pauvres puissent se rencontrer et dialoguer”, se défend un guide. D’ailleurs, selon Shelley Ruth Butler, anthropologue qui étudie les township tours, les guides offrent un discours qui vise à les rassurer, les mettre à l’aise. Ils n’hésitent pas à valoriser les touristes en leur disant qu’ils sont des témoins concernés et parfois même, des « sauveurs ».

Après la visite, les avis sont partagés : certains touristes ont le sentiment d’avoir senti et compris la vie des townships : « Ça m’a ouvert les yeux : avant je paranoïais en pensant à ce que j’avais lu dans les médias chez moi », affirme une touriste autrichienne à son retour d’une journée de visite de bidonville. Au cours de la visite, le guide lui avait expliqué l’histoire des townships, la perception que leurs habitants avaient d’eux-mêmes et du reste du monde ; il lui avait montré les changements des dix dernières années. « D’un côté, c’était déprimant, mais d’un autre côté incroyablement réjouissant de voir ces gens pleins d’espoir, et prêts à s’impliquer pour améliorer les choses dans leur pays ».

D’autres visiteurs se plaignent du décalage entre les brochures disponibles à l’office du tourisme de Cape Town et la réalité de ce qu’on leur propose. Ils se plaignent du peu d’interaction avec les habitants, les communautés.

De fait, sur 1000 touristes qui visitent chaque jour Soweto, seulement 15 vont visiter les 5600 shebeens, les maisons communautaires, réels poumons sociaux des townships. Le township tourism ne toucherait pas les vrais lieux importants des bidonvilles. Tandis que les touristes se pressent à Johannesburg pour apercevoir la maison où Nelson Mandela est né, celle de Winnie Mandela ou de Desmond Tutu, ou des monuments commémorant la lutte contre l’apartheid, ils passent peut-être à côté de la vie réelle des bidonvilles.

Le point de vue du touriste, c’est le vrai fil directeur de ce documentaire. En pointillés à travers tout le film, la visite de Khayelitsha avec un groupe, en simple touriste, en caméra subjective, tellement évidente qu’elle devient invisible. C’est cette posture qui permet d’observer les interactions avec les deux autres grands acteurs de cette histoire : les habitants des bidonvilles et les spécialistes du tourisme.

Par la suite, le point de vue du touriste sera étayé par des rencontres avec des voyageurs qui ont choisi de participer, ou de ne pas participer, aux Township tours. Un sociologue du tourisme, nourri des images tournées à Khayelitsha, viendra apporter un éclairage scientifique sur cette pratique nouvelle et en dévoiler les fils invisibles.

Traitement

Le phénomène des Townships Tours concernerait 200 000 touristes par an en Afrique du Sud. Il ne s’agit pas d’une activité marginale tant dans sa forme que dans son économie.

Afin de rendre lisible la réalité de ce phénomène, nous nous embarquerons aux côtés des touristes, dans les mini-bus qui parcourent les townships du Cap. La caméra légère n’est pas cachée. Au contraire, elle est encouragée pour « témoigner », selon les propres mots des guides. Se mettre à la place des touristes, c’est aussi les écouter. Ce film ne souhaite pas stigmatiser les uns ou les autres, mais montrer, interroger les limites de ces nouveaux exotismes.

Ayant déjà réalisé deux films dans les townships d’Afrique du Sud et du Swaziland, le réalisateur connaît bien les populations locales et leur rapport à l’image. Une caméra, c’est une fenêtre de liberté d’expression pour de nombreux Xhosas.

Sous une forme de réalisation plus classique, nous irons également à la rencontre de tous les protagonistes de cette activité : guides, agents de voyages, instances officielles, locaux « réceptifs », chercheurs. Et puisqu’il s’agit bien de voyage dont on parle, nous partirons avec eux vers les townships.

Note d’intention

Le film s’attachera à faire découvrir cette nouvelle activité, le « Poverty Tourism », qui s’est développé depuis quelques années au point d’avoir à présent sa page sur Wikipedia.

La difficulté principale tient à la volonté de ne pas céder à la tentation de la dénonciation univoque d’une pratique qui, à première vue, dérange. Il serait facile de démonter la confrontation entre des touristes aisés et les plus pauvres des pays les plus pauvres. De stigmatiser le dégoût de certains touristes devant le dénuement de ceux qu’ils sont venus photographier, observer, côtoyer… mais pas de trop près.

Tel n’est pas notre choix cependant. Nous proposons au contraire de mener ce film en ayant conscience des questions qu’il pose ; de progresser dans notre découverte des townships en ayant en tête les préjugés. Pourquoi est-on choqué ? Pour cela, l’attitude du réalisateur sera celle de la candeur, lorsqu’il se fait passer pour un touriste tout comme lorsqu’il interroge naïvement les responsables d’agences de tourisme.

Chaque question induira son contrepoint. Les initiatives locales sont admirables ; mais pourquoi sont-elles si peu nombreuses ? Est-ce la faute aux grosses agences qui occupent le terrain ? Ou aux habitants des townships qui devraient se prendre en main ? La réflexion à mener est subtile. Le premier but du film est de faire découvrir une tendance et d’apporter des éléments d’information sur cette tendance; il ne s’agit pas, à la fin, de porter un jugement définitif sur le poorism.

Un deuxième objectif est de proposer une vision différente du pays qui accueille le Mondial ; mais aussi de montrer la vie dans les bidonvilles sous un angle inhabituel. La force du propos viendra particulièrement de l’énergie de personnages qui ont décidé de prendre leur vie et leur environnement en main pour les changer.

Alain Dister

November 30th, 2009

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Exposition et vente de tirages d’Alain Dister
Les samedi 12 et dimanche 13 décembre 2009 de 14h00 à 19h00

À la Galerie Favardin & de Verneuil
29, rue Duret – 75116 Paris
Métro Argentine

À l’occasion du lancement de l’Association Alain Dister, nous vous invitons à vous replonger dans son univers photographique, 40 ans de rock et de contre culture.
Vous pourrez également adhérer à l’association et commander des tirages numérotés des photographies d’Alain, réalisés d’après les négatifs originaux, par son tireur.

Alain Dister (1941 – 2008)

Photographe, rock critic et écrivain, Alain Dister a été le témoin privilégié de la culture rock, des années 60 à 2008. Du Summer of Love de San Francisco
aux punks japonais, il fut toujours aux premières loges, aux côtés de débutants qui s’appelaient Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Pink Floyd, Frank Zappa…

Reporter légendaire des premières heures de Rock & Folk, il a notamment écrit de nombreux ouvrages sur les musiques, les contre-cultures et leurs grandes figures.

Son travail photographique porte un regard à la fois tendre et objectif sur plusieurs générations de la “Youth Culture”.

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Site Internet d’Alain Dister : www.alaindister.com

Organisation et contact : À 360 Productions
+ 33 (0)1 45 24 38 18   production@a360.fr   www.a360.fr

Pour découvrir les expositions d’Alain Dister disponibles à la location: www.a360.fr

Sahara Fragile / Sahariens en danger

November 12th, 2009

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Interview dans Géo n°369, Novembre 2009. dans l’article “Algérie, des villes nouvelles dans le Sahara”. Texte de Guy-Pierre Chomette, photographies de Bruno Hadjih.

J’évoque dans cet article les problèmes liés à la collecte de déchets à Tamanrasset (Sud Algérie). Hasard du courrier et de la publication, j’ai reçu le numéro de Géo juste au moment où je débarquais d’une semaine dans le Hoggar.

Au cours de mes précédents séjours, je n’avais jamais vu autant de tas de déchets dans Tam, dans l’oued principal, autour de Tam. « Et encore il n’y a pas de vent aujourd’hui, sinon il y en aurait jusque sur les poteaux électriques » me confiait un habitant. Partout des chèvres se nourrissent des détritus. Elles-mêmes sont mangées par les familles…

Le cycle alimentaire terrible que l’on croit réservé aux grandes mégalopoles du Tiers Monde a désormais sa réplique saharienne.

J’ai encore en tête le moment où, il y a deux semaines, à 11h00 du matin, nous dépassons un camion qui se déleste tranquillement d’un chargement d’ordures, à cent mètres de la première maison, dans l’alignement du superbe Pic Laperine. La piste qui mène au coeur montagneux du Parc National de l’Ahaggar est bordée sur des kilomètres, de tas de bidons d’huiles usagées et de tout ce qu’une agglomération d’environ 100 000 âmes peut jeter.

Dix minutes avant l’entrée dans la ville, une décharge à ciel ouvert collecte une partie des poubelles. Alors que je marche en bord de route, à cinq cents mètres de l’entrée du lieu de « retraitement », je tombe nez à nez avec un tas qui m’a indigné: des dizaines de détritus médicaux, des seringues, des ampoules, et le pire: des poches de sang, des cathéters, du matériel médical de perfusion et de transfusion usagé. Tout cela en bord de route, au milieu de centaines d’autres monticules, libres d’accès aux enfants qui se promènent à vélo dans cette vallée, libre de se répandre dans l’oued.

J’ai souvent évoqué la préservation des patrimoines naturels et culturels sahariens, que ce soit dans le cadre du projet Sahara Fragile, ou dans des films et expositions pour l’UNESCO. J’ai souvent alerté des décideurs sur le fait que sur 8 millions de kilomètres carrés il n’y ait aucune collecte de déchets organisée, d’incinérateur ou autre solution..

Certes les déchets se retrouvent dans le désert au moindre coup de vent et polluent les paysages, mais mon premier souci, sur cette question, a toujours été que des espèces en voie de disparition mangent ces plastiques et rebuts.

L’industrie touristique saharienne a fait de grand progrès en ce qui concerne la préservation des sites. Il devient rarissime de tomber dans le désert sur des traces de bivouac, des emballages laissés par les touristes ou des restes alimentaires. Les guides et voyageurs ont intégré en dix ans la notion résumée en une phrase « Je laisse à ceux qui viennent le monde tel que je l’ai trouvé ». Mais je ne parviens pas à croire que la préservation de l’environnement s’arrête en lisière des villes sahariennes. Je ne parviens pas non plus à croire au trop grand coût du retraitement des déchets. Pour info, les coûts de traitement des déchets par incinération sont globalement comparables, voire légèrement supérieurs, à ceux de la mise en décharge.

Ce tas immonde sur lequel je suis tombé ne relève pas de la préservation de l’environnement. Il  relève de la sécurité sanitaire des populations du Hoggar.

Je n’ai pas de conseils à donner, je suis choqué et je souhaite juste que les enfants qui étaient de l’autre côté de la route ne la traversent pas et qu’ils n’aient pas l’idée de jouer au docteur.

Merci de relayer cela auprès de personnes qui se sentiront concernées, et une fois de plus, auprès de décideurs.

GEO

40 bougies pour la tombe de Jack Kerouac

October 19th, 2009

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Le 21 octobre 1969, il y a quarante ans, Jack Kerouac s’éteint dans la douleur, à Saint Petersburg, Floride.

Au téléphone, la journaliste du Mouv’ me demande si je veux bien parler demain matin à la radio vers 8h50, de Kerouac, ce qu’il a changé dans ma vie, ce que j’ai envie de transmettre pour un “public coeur de cible 15-35 ans”.

Dur.

L’été de mes 13 ans, je lis tranquillement en Bretagne Atala, de François-René de Chateaubriand, en écoutant en boucle une K7 de U2.
Une heure plus tard, j’ouvre enfin une malle qui m’intrigue depuis quelques temps. Discrètement, je fouille dans les affaires d’un oncle militaire.
La première couche est classique: SAS, Série noire, quelques partitions de guitare…

Puis le Graal: des pochettes de 33 T de toutes les couleurs, le Floyd, Zappa, Dylan, Polnareff+poster ambiguë (!?), Jefferson Airplane, et une dizaine de bouquins dont Sur la route (On The Road) par Jack Kerouac.

Pendant trois semaines j’ai ingurgité l’ensemble.
Les deux mois suivants, de retour en Capitale, j’ai partagé ce que je croyais être le meilleur à l’époque.
À quelques-uns, au coeur d’un système jésuite, on s’est créé une communauté de pensée.
On ne se racontait plus nos séjours d’été dans des collèges anglais de la même manière. Les séjours étaient devenus “trips”. Une copine m’a offert Le Festin Nu de William S. Burroughs. Les disques ont commencé à circuler et surtout ce livre Sur La Route. Tout un champ littéraire et musical s’était ouvert. Beatniks, hipppies, punk, tout cela n’avait pas trop d’étiquette ni d’importance. C’était vivant.

On voulait foncer… en Solex. Parier sur toutes les expériences possibles. Découvrir tout Paris, la banlieue, la France, vivre au coeur de notre époque, maintenant. L’été suivant fut celui de nos premiers sauts en stop. Sur la route pour de vrai.

Kerouac a créé un lien entre tout un tas de bandes de lycées qui jamais ne Se seraient rencontrés lors des fêtes du samedi soir. On a osé se parler.

Où que j’aille, je suis pratiquement toujours tombé sur quelqu’un avec qui parler de Kerouac. Parfois, je dis “Sur la Route” et l’on me répond “Ah ouais, sur la route 66 !”
Et c’est bien quand même, on parle de voyages, d’expériences, de rencontres.

Alors demain matin, en parlant de Jack à la radio, je vais essayer de mettre l’accent sur le lien que son oeuvre fait accoucher.

Lorsqu’en 2007, avec le compère Alain Dister nous avons décidé de fêter les 50 ans de la publication de Sur la Route, nous avons reçu des témoignages d’amour du monde entier, poèmes, chansons, photos… Vous pouvez en découvrir là +++

Un lien, une communauté.

Spéciale dédicace à mon oncle qui doit être en ce moment je crois dans le coin de Kaboul.

PS à mon oncle: Si tu cherches ton poster de More (Pink Floyd), il est à la maison,  je le garde. En revanche tu récupères ton affiche de Polnareff à moitié nu quand tu veux, elle est dans une malle en Bretagne.

Boston Blues, Jean-François Duval

October 15th, 2009

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Relu sur mon granit “Boston Blues” de Jean-François Duval. Ce livre m’avait collé aux mots pendant des semaines lors de sa publication en 2000. Je me surprenais à reprendre dans des conversations certaines expressions lues dans ces pages. Emotions et dérives rêveuses intactes à la relecture. Depuis, Wikipedia existe.

Je comprends maintenant pourquoi cette langue m’était familière: “il publie dans l’hebdomadaire suisse «Construire» de nombreux grands reportages et des entretiens avec Cioran, Robert Pinget, Juan Rulfo, Charles Bukowski, Kurt Vonnegut, Ray Bradbury, William Styron, Naguib Mahfouz, Allen Ginsberg, etc”.

La suite par là +++

Cheikha Rabia

October 15th, 2009

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Un petit détour au Nord du Sahara, pas trop loin, mais j’ai envie de partager ce coup de coeur pour Rabia.

Rabia est une maîtresse du chant une “Cheikhat”. A plus de 60 ans elle détient la particularité d’interpréter de sa voix puissante et grave son blues tribal et hypnotique aux accents langoureux en situation d’improvisation et face à un public néophyte ou branché.
Rabia se montre tel quel, nature et authentique – Héritière d’une tradition ancestrale, c’est elle qui est venu rendre hommage à la grande et inoubliable Cheikha Rimitti à l’Institut du Monde Arabe. Elle se produit aussi bien dans de prestigieux festivals – Festival d’île de France au château de Villearceaux à Pontoise – ou dans des petits clubs pour ne pas perdre la pratique de son chant.

Toujours accompagnée de ses musiciens traditionnels, le flûtiste Driss au Gasba et le percussionniste Khaled au Galal, elle nous livrera les 30 et 31 octobre 2009 un répertoire plus intimiste au registre précieux, dans l’atmosphère de cabaret du nouveau spot arabo-electro du French K-Wa, 6 rue Planchat 75020 PARIS

A découvrir sur son myspace par là +++

Mains Positives projeté au Comedy Club

October 14th, 2009

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Mon court-métrage Mains Positives sera projeté le mercredi 28 octobre 2009 au Comedy Club, lors d’une programmation préparée par l’association Histoires d’Eux.

Depuis Avril 2007, Jessie Varin, présidente de l’association, et son équipe, organisent des soirées de projection de courts-métrages et de rencontres pour de jeunes réalisateurs: Les Petites Histoires d’Eux. Un moment rare d’échange avec le public.

Merci à eux pour cette fenêtre offerte à des films uniquement diffusés en fin de soirée sur nos écrans de télé, et absents des salles de cinéma -hors festival- malgré la demande du grand public pour que le court-métrage revienne dans les salles.

J’ai rencontré la semaine dernière un distributeur de films, et ce dernier m’a appris que pour pouvoir diffuser des courts-métrages avant une séance, il fallait dorénavant acheter aux salles l’espace publicitaire qui précède les films … Ubuesque …

Donc Rdv au Comedy Club, le mercredi 28 octobre 2009, à partir de 22h45
42, Boulevard Bonne Nouvelle, 75010, Paris
Entrée Libre

Le programme:

Tant que tu respires
Réalisé par Fara Sene
Fiction/ France/ 2008/ 19min
Lorsque Samuel prend son métro pour se rendre au travail, il croise le regard d’Ima, toujours assise dans le même wagon. Pourtant, depuis un an, il n’a jamais eut le courage d’aller lui parler.
www.4limprod.com

Mains Positives
Réalisé par Arnaud Contreras
Documentaire/ France/ 2006/ 4min
Des femmes séropositives africaines des townships du Cap, en Afrique du Sud, participent au programme “ampoules Ithemba”, une activité génératrice de revenus.
Ce court-métrage réalisé dans le cadre de « I Love you + or – », campagne de sensibilisation contre la stigmatisation liée au SIDA
www.arnaudcontreras.com
Mon Frère
Réalisé par Hamidiata Dramé
Fiction/ France/ 2008/ 19min
Une jeune fille en échec scolaire affronte son professeur…

Insomnies
Réalisé par Jeremy Halkin
Fiction/ France/ 2009/ 2min
Réalisé dans le cadre des Nuits d’Amnesty International.
http://nuitsdamnesty.amnesty.fr

Fragments d’Opéra + The FerryMan
Réalisé par Pierre Zandrowicz
Fiction/ France/ 2009/ 13min
Elie, journaliste, est envoyé en reportage par son magazine à travers les USA. Le sujet de son enquête est à dormir debout : un passeur d’âmes qui permettrait de retrouver pour un court instant, des personnes aimées et disparues.
www.fatcat.fr

Playgirl
Réalisé par Gilles Guerraz
Fiction/ France/ 2009/ 5min
court métrage écrit, réalisé et monté en 48h, à l’occasion de l’édition 2009 du 48 hour film project.
Genre : Film de femmes

Soirée présentée par Tony Saint Laurent & Jessie
Happening One Man Show

La place de l’Etoile prise d’assaut par des vélos

October 14th, 2009


Le 22 septembre 2009, jour de la  “Journée sans voitures”, l’association militante Vélorution ! a organisé une “masse critique” de cyclistes convergent vers la Place de l’Etoile à Paris.

L’Arc de Triomphe, 4 vélovoitures en carton, 200 cyclistes.

Comme un air de l’An 01 +++

Isabelle Vaillant à l’Atelier d’Estienne

October 14th, 2009

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A l’occasion des 18èmes Rencontres Photographiques du Pays de Lorient, l’Atelier d’Estienne accueille une rétrospective des dix dernières années de travaux photographiques d’Isabelle Vaillant.
Atelier d’Estienne,
Espace d’art contemporain
1 rue terrien – 56620 Pont-Scorff
tel : 02 97 32 42 13

Le site de l’atelier d’Estienne : http://www.pont-scorff.com

Nicolas Henry en cabanes

October 14th, 2009

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Découverte du travail de Nicolas Henry, et de son exposition Les cabanes de nos grands parents. A découvrir sur son site +++

Présentation par le photographe:

“Lorsque j’étais petit, mon grand-père m’a appris à manier le bois, ma grand-mère l’art de coudre. Un jour, presque naturellement, j’ai voulu retrouver avec eux ces jeux d’autrefois, riches de cette transmission, de ces savoir-faire, et une cabane est née. Une parole aussi, entière et spontanée. Alors m’est venue l’idée des « cabanes de nos grands-parents », pour ne pas laisser perdre cette parole, et pour saisir cette forme de liberté que les anciens acquièrent en perdant le sens des vanités.

A travers le monde, devant mon objectif, des papis et des mamies renouent avec les cabanes de leur enfance. Ils transforment un tapis en océan, avec le balancement du rocking chair pour roulis, sous les cris des goélands… Tous sont photographiés chez eux, dans leur univers. On scelle une amitié quand on fait visiter sa maison. On fait entrevoir l’intime. Tous ont bâti une cabane, reflet de leur imaginaire. Ce sont les artistes de leurs propres installations. Avec le temps qui passe, l’homme retrouve la sagesse de l’enfant qui croit en la magie de la création. La place de la cabane et des objets dans notre vie révèle une part du sens poétique ou politique que chacun choisit de transmettre à travers son image.

La parole accompagne chaque photographie comme un conte, une ritournelle, un poème, selon la nature de notre rencontre, et révèle une part de l’univers de nos grands-parents. « Plus on grandit et plus on repense à son enfance, a joliment résumé Pushkar, dans le nord du Rajasthan. C’est l’émanation de l’amour d’où est né le sourire du monde. Mon père disait souvent que dans le ventre de notre mère nous avons la clef du ciel et de la terre, mais qu’à notre naissance, au moment des eaux, un ange vient nous poser un doigt sur la bouche et nous souffle ce mystère. » “

L’Artiste et l’espace public en Afrique

October 9th, 2009

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« L’Artiste et l’espace public en Afrique ou comment présenter son travail photographique ? »
Table ronde au Musée du Quai Branly, le vendredi 16 octobre 2009, de 18h30 à 20h30.

Cette rencontre m’intéresse car en réalisant les projets Nocturnes Sahariennes, à Tamanrasset, et Tombouctou Bluetooth, à Bamako puis Tombouctou, j’ai cherché à montrer des oeuvres à un public qui n’y est pas habitué. La première initiative m’a appris que cela ne sert à rien d’exposer dans un lieu classique, entre quatre murs. Dans le sud algérien, on ne rentre pas chez quelqu’un si on n’y est pas invité. Donc le concept d’exposition est un faux pas réservé aux notables… En revanche, la seconde tentative, qui utilisait la téléphonie portable, a circulé dans toute la ville.

Si je devais produire un nouveau projet, je le ferai en extérieur, sur un marché, une place publique (avec l’expérience tout de même de la remarque du dessinateur Nicolas Wild à propos de l’expo de Yann Arthus-Bertrand à Kaboul: “La terre vue du ciel vue de la fenêtre de la voiture blindée”).

Présentation de la table ronde:

A travers cette table-ronde Afrique in visu, plateforme d’échanges autour du métier de photographes en Afrique, propose de réfléchir aux différentes expériences sur le continent africain où photographes, curators et festivals s’invitent dans l’espace public.

De nombreux artistes et photographes réfléchissent actuellement à la manière d’exposer en Afrique. Les musées ou biennales n’ayant pas toujours le public escompté. Depuis quelques années, des photographes investissent l’espace public (transports, rues, façades) à travers des affichages sauvages, supports publicitaire, projections … De nouveaux territoires à investir pour que le public s’approprie la photographie.
Pourquoi investir ces espaces ? On évoquera aussi la réception du public : un contrepoint entre les biennales plus institutionnalisées et ces nouvelles formes de monstration.
Trois personnalités partageront leurs expériences avec nous pendant ce temps de rencontres :

Emeka Okereke, photographe nigérian qui nous parlera de son projet « Bagamoyo – photographie et l’espace quotidien » actuellement exposé à Photoquai.

Rosa Spaliviero, opératrice culturelle indépendante, notamment en R.D. Congo et au Mozambique dans les domaines du cinéma et de la photographie. Co-organisatrice de la biennale « Picha! » Rencontres de l’image de Lubumbashi (cinéma, vidéo et photographie)

Christine Eyene, éditrice, critique d’art et coordinatrice de Creative Africa Network.

Richard Bellia, bon en orthographe et en grammaire photographique

October 9th, 2009

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J’ai partagé avec le photographe Richard Bellia un boeuf bourguignon mémorable. J’ai besoin d’avis, de conseils, de pistes pour faire connaître le travail d’Alain Dister, en particulier son oeuvre photographique. Je rencontre des commissaires, des photographes, des entrepreneurs, des portes fermées…

Et là, grande générosité.
Richard n’est pas uniquement bon en orthographe et en grammaire photographique, il est organisé, chose rare dans sa profession.

Souhaitant maîtriser sa production et la diffusion de cette dernière, il créé des expositions itinérantes et a auto-édité un superbe livre Un Oeil sur la Musique-1982-2007, que vous pouvez commander sur son site +++

Enfin, Richard m’a permis de découvrir live un nouveau concept qui ne tardera pas à être récupéré par les marketers, le “Hate buzz”, se faire détester pour que l’on parle soi. J’adhère à sa prose limite et à son humour  lisible sur son blog ou sur facebook et pense que la compilation de ses stances feraient un très bon bouquin.

Dernier point, j’adore le nom de sa petite maison d’édition: “troischansonssansflash”, référence au fait que lors de concerts de “stars”, les photographes n’ont le droit de prendre des images que pendant trois chansons.

Interview dans l’Emission Ce Soir ou Jamais, France 3

October 9th, 2009

france3

Interview dans l’Emission Ce Soir ou Jamais sur France 3, le 7 octobre 2009, à propos de la vidéo réalisée par les salariés de l’usine ICI Paints de Grand-Quevilly.

Premier passage sur un “grand plateau” d’une “grande chaîne de télévision”… et tout en effet est “grand”: le nombre de petites fourmis qui s’agitent autour de vous pour que vous vous sentiez bien, et qui sont dix fois plus stressées que vous; le nombre de fois que l’on vous propose à/de boire (champagne, soda, champagne, soda); le nombre projecteurs au plafond pour finalement rendre une ambiance de lumière à la bougie.

J’étais accompagné de Sébastien Porte et de Cyril Cavalié, co-auteurs du livre “Un nouvel art de militer” que vous pouvez découvrir et commander sur leur site

Couv+Un+nouvel+art+de+militer

Vous pouvez revoir l’émission sur le site de France 3, là +++

Finissage Quoi de 9 dans le paysage

October 2nd, 2009

arnaud-contreras-foule

Pot de  clôture de l’exposition Quoi de 9 dans le paysage ? , le jeudi 15 Octobre 2009 à partir de 19 h. Vous êtes les bienvenus pour découvrir La Capsule, lieu de résidence photo ainsi que les interprétations paysagères de Claude Gassian, Luc Choquer, Xavier Lambours, Jean Claude Beaumont, Philippe Breson, Arnaud Contreras, Arnaud Lévénès, Etienne Revault, Pierre Terrasson.

Centre culturel André Malraux
10, avenue Francis de Préssensé
93350 Le Bourget, France
(à 50 mètres du RER B)
Contact: arnaud.levenes@ville-lebourget.fr

Marc Namblard, Promeneur écoutant

October 2nd, 2009

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Découvert le blog de Marc Namblard, promeneur écoutant qui partage sur son blog une partie des sons qu’il collecte au fil des chemins, sur terre, sous terre
Ci-dessous sa présentation:

La prise de son en pleine nature est une passion depuis de nombreuses années.
D’abord pratiquée dans un but « artistique » (utilisation des sons de la nature comme matériau de travail et d’expérimentation), ma démarche s’est petit à petit doublée d’un esprit « documentariste » et naturaliste.
Les événements collectés me permettent aujourd’hui de composer des « paysages sonores » et de créer des phonographies qui donnent à entendre, dans des perspectives et des cadres choisis (et donc très subjectifs), les milieux naturels qui me fascinent.
Ils me servent aussi de base pour la création de pièces musicales, parfois en association avec des sons électroniques.

Donc, mieux qu’une séquence de Yoga la tête à l’envers, une petite demi-heure en pleine nature sonore sur le blog de Marc Namblard

Les pilgrimages de Thierry Chantegret

October 2nd, 2009

Thierry-Chantegret

Thierry Chantegret,  photographe, développe le projet Metta, dont l’objet est de traiter de la dilution de l’identité des “Gens du voyage”. A pied, il reliera Jodhpur (Inde) au Moutier d’Ahun dans la Creuse.

Thierry Chantegret a également créé le projet Pilgrimage. Equipé d’un ordinateur et d’une carte 3G, il publie des images accompagnées de textes quel que soit l’endroit où il se trouve et à n’importe quel moment (dans les limites de la couverture d’un réseau téléphonique). A suivre sur son site.

Tinariwen

October 2nd, 2009

tinariwen

Tinariwen sort son nouvel album Imidiwan (Compagnon). Du bel ouvrage à découvrir sur leur myspace et en live. Et pour ceux que les guitares sahariennes attirent, je ne saurais que vous recommander l’excellent Tamasheq.net.

Sedryk, l’éditeur de ce site, anime 1 heure d’émission mensuelle sur l’actu des musiques du Sahara, chaque premier dimanche du mois à 18h (heure d’Alger !) sur Radio Dzair Sahara. Rediffusion tous les mercredis à 18h et sur tamasheq.net.

Enfin, pour ceux qui ne l’auraient écoutée, l’Afrique Enchantée sur France Inter, diffusait le dimanche 27 septembre 2009, un carnet de voyage réalisé par Guillaume Thibault et Igor Strauss, à Tessalit ( Nord Mali), chez les Tinariwen. Podcast par là +++

Reportage sur l’Imzad

October 2nd, 2009

logo_franceculture

Retour en cabine de montage à France Culture, et réalisation d’un reportage sur l’Imzad diffusé lors de l’émission Tout un Monde , le dimanche 27 septembre 2009, de 15 à 16h.

L’émission avait pour thème cultures nomades en exil, et était centrée autour du festival “Rumeurs Urbaines” qui se tiendra du 3 au 17 octobre dans le département des Hauts-de-Seine (92).

Pour découvrir la vielle saharienne et les actions entreprises dans le sud algérien pour sa préservation, consultez le site de  l’association Sauvez l’Imzad.

Désert Géorgien

September 7th, 2009

Dans le cadre de la Semaine des cultures étrangères « Sublimons les frontières ! » organisée par le FICEP (Forum des Instituts Culturels Étrangers à Paris)

La Maison d’Europe et d’Orient
Vous invite au vernissage de l’exposition

Désert Géorgien

Photographies d’Arnaud Contreras
Le samedi 26 septembre 2009
A partir de 19h00

Exposition du 26 septembre au 21 octobre 2009
Galerie ouverte du lundi au vendredi
De 10h à 13h et de 14h à 19h
Entrée libre
Une échappée dans le désert Géorgien, territoire du monastère de David Gareja, “dernier rempart chrétien”, frontière naturelle avec l’Azerbaïdjan.
À peine un mois plus tôt, l’air caucasien était encore chargé des ondes de la cyber guerre que l’armée russe menait contre la Géorgie depuis les pays frontaliers.
Tout paraît si calme, retour en temps de patrimoine. La voix de Tom Waits en B.O.
Pourtant, depuis sa fondation au VIème siècle par Saint David, cette terre d’ermitages est en proie aux aléas de l’Histoire: invasions mongoles, perses, fermeture par les bolcheviks, transformation en camp d’entraînement militaire pendant la guerre d’Afghanistan, et aujourd’hui revendication territoriale par l’Azerbaïdjan.
Malgré les assauts répétés et les marques de vandalisme, les superbes fresques murales, classées au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, résistent.

Un cavalier fier s’approche, unique rencontre depuis un village nommé Désert.

La Maison d’Europe et d’Orient
Centre culturel pour l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale
3, passage Hennel (accès par le 105, avenue Daumesnil) 75012 Paris
tel + 33 1 40 24 00 55
http://www.sildav.org

Sketchtravel

September 7th, 2009

60 artistes du monde entier participent au projet Sketchtravel: un carnet de croquis circule de pays en pays. Chaque artiste a deux pages pour s’exprimer. Du bel ouvrage à découvrir et un voyage à suivre sur le site www.sketchtravel.com

Quoi de 9 dans le paysage ?

September 7th, 2009

Exposition ” Quoi de 9 dans le paysage ? “
à la galerie du Centre Culturel André Malraux au Bourget
du 17 septembre au 17 octobre 2009.
Vernissage le 17 septembre à 19h

NEUF photographes ont été invités à exposer autour du thème du paysage, qu’il soit naturel ou industriel, réel ou imaginaire, classique ou « rock n’ roll », en couleur ou en N&B. Les artistes présentés viennent tous d’horizons très divers, qu’ils viennent de la photographie de presse, d’architecture ou de studio et proposeront une vision personnelle du paysage.
Le paysage est un genre photographique qui peut servir plusieurs intentions, celle d’immortaliser une vision éphémère lors de voyages ou répondre à un intérêt pour des recherches formelles de luminosité, de couleurs ou de perspectives…
Vous pourrez découvrir ainsi les inclinations particulières que chacun de ces photographes ont pour la représentation du paysage.

Photographies par:
Claude Gassian, Luc Choquer, Xavier Lambours, Jean Claude Beaumont, Philippe Breson, Arnaud Contreras, Arnaud Lévénès, Etienne Revault, Pierre Terrasson.

Centre culturel André Malraux
10, avenue Francis de Préssensé
93350 Le Bourget, France
(à 50 mètres du RER B)
Contact: arnaud.levenes@ville-lebourget.fr

New Travellers

September 7th, 2009

Lu sur mon granit ” Sur les routes : Le phénomène des New Travellers”, par Marcelo Frediani, aux Editions Imago 2009. Le livre permet de découvrir ceux que les journalistes anglais nomment les “New Age Travellers”, leur mode de vie, l’origine de leur mouvement.

L’ouvrage est très bien documenté et m’a surpris. Je m’attendais à passer quelques heures au coeur de free party et autres rassemblements de hippies anglais, mais la population des New Travellers est beaucoup plus hétérogène qu’il ne paraît. Si nombre d’entre eux prennent la route, ce n’est pas uniquement par goût, mais aussi par nécessité, face à la hausse de l’immobilier. Surpris aussi par l’hostilité qu’expriment les gens du voyage envers eux.

L’auteur Marcelo Frediani est sociologue et enseigne l’anthropologie. Dommage que son éditeur n’ait pris le temps de se pencher plus sur ce texte passionnant pour en évincer les répétitions et passages quelque peu touffus. En annexes, les url de nombreux sites internet pour apprendre notamment à transformer un bus en palace roulant.

En résumé une très bonne documentation pour préparer un film documentaire…

Présentation du livre:

Suscitant inquiétude ou hostilité, des milliers de nouveaux nomades apparaissent, depuis quelques années, en marge de nos sociétés.

Toujours dans le provisoire, sous la menace d’expulsions, ces New Travellers, squattant les propriétés abandonnées, vivent dans des habitations de fortune – cabanes, huttes, bus ou camions aménagés… – et se déplacent en groupes entre les festivals de musique, les grandes foires et les raves-parties.

Mais qui sont ces New Travellers ? Des errants oisifs, dealers et toxicomanes, subsistant de larcins et d’allocations ? Des victimes désorientées d’un système économique sans âme ? Des contestataires, héritiers de la contre-culture et du mouvement hippie, en quête d’un mode de vie alternatif ?

Marcelo Frediani, qui a longtemps partagé leur quotidien dans de nombreux campements, notamment en Angleterre, nous livre dans cet ouvrage une description minutieuse et souvent surprenante de ce milieu. En ethnologue, il répond aux interrogations que font surgir inévitablement sur leur passage ces étranges tribus… Pour l’auteur, contrairement à l’idée reçue, les New Travellers ne représentent pas une forme particulière de clochardisation mais plutôt une expression pratique et concrète d’un mode de vie alternatif à la société actuelle.

Ceux Qui Marchent Debout

September 7th, 2009

Pelota Funk, petit délire avec Ceux Qui Marchent Debout (CQMD) par un après-midi d’été au son de SuperSoul.
Un grand merci à Héloïse Godet, aux joueurs et à toute l’équipe du Trinquet Chiquito de Cambo.

Yanming

July 9th, 2009

Yanming promène ses objectifs dans la province du Guangdong, transforme en photos de paysages ce que d’autres nomment “moments décisifs”.

Découvrir sa galerie +++

© Yanming

Spiral Jetty, oeuvre majeure du Land Art, menacée par l’industrie des engrais chimiques

July 9th, 2009

Un message de l’association Friends of the Great Salt Lake vient de sonner l’alerte sur un nouveau projet de développement industriel qui menace encore une fois la Spiral Jetty (1970), œuvre majeure de Robert Smithson, et plus largement le fragile écosystème du Grand Lac Salé (Utah).

L’an dernier, en février 2008, c’était la compagnie canadienne Pearl Montana qui souhaitait investir les Grands Lacs avec un projet de forages pétroliers. 3500 mails de protestation avaient été envoyés du monde entier (particuliers, ONG, structures environnementales, institutions culturelles et muséales, etc) et avaient fortement contribué à l’abandon du projet. Aujourd’hui, les menaces réapparaissent.

Infos sur le site http://spiral-jetty.blogspot.com