Bombino, Tamikrest and Ag Jackson
Monday, January 9th, 2012


Bombino, Tamikrest and Ag Jackson, Paris, 11/2011



Bombino, Tamikrest and Ag Jackson, Paris, 11/2011

Tombouctou. Mali. Mosquée Djingareyber. 2007
Mes pensées premières aux familles qui quittent depuis quelques mois Kidal, Gao, la région, pour se réfugier à Bamako ou en brousse, sans que personne n’en parle.
Mes pensées premières pour ces familles qui n’osent plus parler librement au téléphone depuis des mois, persuadées qu’elles sont écoutées, envahies par la peur qui provient de tous côtés.
Mes pensées premières aux jeunes qui se font arrêter sur les pistes par des barbus, parce qu’ils fument des cigarettes et écoutent du rock ishumar.
Mes pensées premières pour des jeunes femmes touarègues, qui pour certaines, ne peuvent plus serrer la main de leurs cousins, se promener sur les marchés sans être accompagnées par un homme.
Mes pensées premières pour les réfugiés de Libye, qui ont tout laissé dans leur ancienne patrie depuis deux générations, qui ne sont pas “mercenaires”, mais soldats, artisans, commerçants, mes pensées premières à ceux qui les ont généreusement accueillis, sans aide humanitaire occidentale, sans contrepartie, désignés ici comme “ennemis”.
Mes pensées premières pour ces jeunes qui s’agitent sur Facebook, les forums, blogs, nous offrent à voir pour la première fois ô combien le sable parle, les peuples du Sahara ne sont pas un.
Mes pensées premières pour ces âmes perdues, otages de commerces à court terme, au Niger, Mali, Mauritanie, Algérie, par eux, contre eux et les leurs.
Mes pensées premières pour les “fous du Sahara”, occidentaux parfois naïfs, mais tous de bonne volonté, qui défendent, aiment vivre le lien qu’ils ont créé avec des personnes croisés au désert. Sonnés.
Mes pensées premières pour les otages occidentaux, leurs familles, ceux qui cherchent réellement à les faire libérer.
Mes pensées premières pour tous les amis qui m’ont accueilli au Sahara, aujourd’hui otages.
Mes pensées premières pour les musiciens, porte drapeaux des cultures Tamasheq, Songhai, Maure, Peul;
nous ne comprenons toujours pas vos paroles,
mais puisse votre musique accompagner,
maintenant,
un éveil tant annoncé.
Un jour je repasserai vos portes,
vos passes,
nous allumerons un feu,
brancherons les guitares,
et vous me raconterez comment vous avez gagné la guerre contre vos divisions,
et contre ces fous qui ont voulu taire à jamais votre culture et votre mot préféré:
Liberté
Arnaud Contreras
Nouakchott Villes Mondes par franceculture
Grâce à Christopher Kirkley (Sahel Sounds), j’ai rencontré la famille Ould Jeich Ould Abba à Nouakchott il y a deux semaines. Leur père est l’inventeur du Jagwar, un style de musique traditionnelle mauritanienne, joué au rythme des “avions jaguars français qui survolaient Atar pendant la guerre du Sahara dans les années 70″.
La suite lors de la diffusion du documentaire “Nouakchott Villes Mondes”, le dimanche 4 décembre 2011 de 14 à 16h00.
Grand entretien avec Abderrahmane Sissako, cinéaste.
Infos: http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-villes-mondes-nouakchott-2011-12-04

Nouakchott Villes Mondes, un documentaire d’Arnaud Contreras, réalisation Jean-Claude Loiseau, technicien Georges Thô.
Diffusion sur l’antenne de France Culture le dimanche 4 décembre 2011, de 14h00 à 16h00.
Ecoute et podcast sur http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-villes-mondes-nouakchott-2011-12-04
Grand Entretien avec Abderrahmane Sissako, cinéaste
PRÉSENTATION
Née des sables en 1957, pour accompagner la naissance de la République Islamique de Mauritanie, Nouakchott occupe aujourd’hui la place privilégiée de carrefour entre le Maghreb et l’Afrique de L’Ouest.
Passée en quelques années de 10 000 à 1 million d’habitants, elle est confrontée à des défis qui inspirent les créateurs qui y vivent.
Chacune des sept communes qui la composent reflète la diversité sociologique, culturelle et ethnique de cet espace qui était encore une terre de nomadisme, il y a à peine 60 ans. Maures, Hâratîn, Peuls, Wolofs, Soninkés apportent tous à la capitale Mauritanienne des influences culturelles que nous présenterons au travers des voix d’artistes et personnalités culturelles.
Nous accompagnerons des écrivains et anthropologues, pour lire à leur côté la ville, percevoir la forte influence marocaine qu’elle connaît d’un point de vue architectural, la volonté d’offrir un style, un passé re-composé à Nouakchott, par des ornements et certains types de constructions.
La musique est le mode d’expression artistique le plus répandu en Mauritanie. Les musiciens, qu’ils soient chanteurs traditionnels, de variété arabe, griots, joueur de jagwrar, ou rappeurs, sont écoutés à travers toute l’Afrique et franchissent désormais le Sahara et l’Atlantique.
Une grande place leur sera accordée dans ce documentaire, et un intérêt particulier sera porté à leurs textes, aux langues qu’ils utilisent, Hassania, Arabe, Français, Wolof. Comme leurs aînés poètes, ils louent l’amour et l’amitié, mais ils sont aussi tous porteurs d’un même message envers leurs concitoyens : l’unité du pays, une cohabitation harmonieuse entre les différentes ethnies.
Grand Entretien avec Abderrahmane Sissako, cinéaste
Invités :
Malouma Mint Meidah, chanteuse, sénatrice
Abderamane Salem, directeur de la maison des cinéastes
M’Bareck Ould Beyrouck, écrivain, journaliste
Tahra Mint Hembara, griotte
Abdel Wedoud Ould Cheikh, anthropologue
Monza et Ziza, rappeurs
Oumar Ball, sculpteur
Isabel Fiadeiro, carnettiste et galeriste
Seddoum et Sidatty Ould Jeiche Ould Abba, musiciens
Mohamed Kaber Hachem, poète, président de L’Union des Écrivains Mauritaniens
Lecture de textes de Habib Ould Mahfoud, poète et chroniqueur
SÉLECTION DE LIVRES
Nouakchott, au carrefour de la Mauritanie et du monde, Armelle Choplin, Karthala, 2009
Tribus, ethnies et pouvoir en Mauritanie, Philippe Marchesin, Karthala, 2010
Nouvelles du Désert, Beyrouk, Présence Africaine, 2009
Musique, honneur et plaisir au Sahara, Michel Guignard, Geuthner, 2005
Odette du Puigaudeau (1894-1991). Une Bretonne au désert, Monique Vérité. Petite Bibliothèque Payot, 2001
SITES INTERNET
Sahelsounds.com
Explorations musicales de la Mauritanie par Christopher Kirkley, ethno-musicologue.
M comme… Mauritanie
Blog de la journaliste Suisse Claire Jeannerat. Abécédaire de Nouakchott et de la Mauritanie.
Nouakchott depuis un cerf volant,
par Simon Nancy, Géographe et photographe.
Mauritanie Découverte
L’actualité culturelle mauritanienne.
Rimaculture
Actualité des artistes mauritaniens.
Photo: Tahra Mint Hembara, griotte.



Whammy Bar and The Wine Cellar, Auckland, NZ, pendant l’enregistrement du documentaire “Auckland – Villes Mondes” que vous pouvez écouter sur le site de France Culture, par là +++

Alleluya Bar, St Kevin’s Arcade, Auckland, NZ; l’endroit où nous avons croisé une grande partie des artistes d’Auckland. Notre refuge entre deux enregistrements du documentaire “Auckland Villes Mondes” que vous pouvez écouter sur le site de France Culture là +++

Diffusion le dimanche 23 octobre 2011 du documentaire “Auckland Villes Mondes” sur l’antenne de France Culture, de 14h à 16h.
Une belle aventure partagée avec Marie-Ange Garrandeau et Georges Thô.
Vous pouvez également écouter le documentaire sur le site de France Culture là +++
En conclusion du documentaire, un entretien avec Alan Duff, écrivain néo-zélandais, voix dissonnante dans la communauté maori, et entre autres, auteur de l‘âme des guerriers adapté au cinéma par Lee Tamahori.
Notre ambition est de vous immerger pendant deux heures dans la vie culturelle d’Auckland, de vous faire rencontrer quelques belles personnes croisées d’ateliers en salles de concerts indés.
Plutôt que vous livrer une présentation que vous pourrez retrouver sur le site de la chaîne, je préfère reproduire ci-dessous le texte d’introduction.
Une piste vers l’île la plus lointaine que j’ai visité, où je vous souhaite réellement d’aller tant l’accueil des Aucklanders nous a tous les trois marqué.
Un remerciement particulier à Eleonore Klar, fondatrice d’ I Heart Magazine, qui m’a donné les bons conseils pour passer une bonne 1ère soirée à Auckland et rencontrer ceux qui furent mes guides et que vous retrouverez dans le doc.
Kia Ora ! (Portez-vous bien !)
Le jour de mon arrivée à Auckland,
j’ai foncé sur les quais pour rendre hommage à Sir Peter Blake, marin de légende, en espérant voir un de ses bateaux de l’America’s Cup.
J’ai participé à une performance collective sur les marches d’un musée.
J’ai soutenu l’équipe de France de rugby dans un stade bondé de Néo-zélandais déguisés en ninjas et geishas qui hurlaient « bonzaï !!! » à chaque passe réussie par l’équipe japonaise.
J’ai fuis le Pastis, bar où se retrouvent les expats français pour suivre les indications d’une amie qui me mèneraient aux Whammy Bar et Wine cellar, salles de concerts indé.
J’ai assisté à trois concerts dont même les musiciens ne savent pas définir le style.
Je me suis déchiré un muscle en bringueballant ma valise d’un endroit l’autre, et tout cela avec le sourire, le sentiment de prendre une ville dont l’architecture violente me confirmait dans le fait que j’étais au bon tempo.
Le lendemain je réalisais que le métronome que je suivais était faussé par le décalage horaire depuis Paris.
Hormis des touristes déambulant en poncho aux couleurs de leur équipe, aucun écho en journée de la coupe du monde de rugby.
Hormis les sirènes de camion de pompiers d’inspiration américaine, aucun Klaxon, peu de bruits nocifs.
Auckland est calme.
Les aucklanders sont réservés, affichent des signes extérieurs de bien-être, pas de richesse.
Ils marchent paisiblement dans les rues, respectent tous, sans exception, les passages cloûtés. Ici, la folie est tolérée mais entre les lignes comme le décrit l’un des grands écrivains de la ville, Chad Taylor, dans les textes de ses romans.
J’ai du tout reprendre à zéro, oublier de courir,
m’adapter au pouls propre à chaque quartier,
au rythme tranquille d’Auckland.

À l’heure où je vous écris, la souris de notre chargée de réalisation, glisse sur les pistes du banc de montage avec l’aisance de Richie Jackson dans un skatepark.
Vous ne connaissez pas le Aucklander Richie Jackson ?
Star du skate et des boutiques hippie chic, Richie a l’humour d’avoir inscrit sa page Facebook dans la catégorie « athlètes».
Regardez cette vidéo, il est tout de même légitime que ses « galipettes » soient aux côtés de celles de quelques athlètes-rugbymen en troisième mi-temps.
Mais que diantre s’intéresser à un athlète dans le cadre d’une production sur la vie culturelle d’une ville, ses artistes ?
Il est certes passionnant d’enregistrer les confidences de grands auteurs, plasticiens, metteurs en scène. Mais lorsque nous sommes sur le terrain pour réaliser un documentaire, nous chassons également une importante somme de sons, qui puissent aider les auditeurs à imaginer les espaces, les volumes dans lesquels évoluent ces artistes.
Pour fabriquer des images audibles, pour capter la ville, il ne suffit pas de placer un micro à l’angle d’une rue. Il nous faut trouver des médiateurs sonores. Des personnes, objets, véhicules qui ont un contact direct avec le sol, les murs, la « matière-ville ».
Traverser Auckland sur les pas d’un skater eut été parfait.
Je n’ai pas pu rencontrer Richie, qui a pris la nationalité Australienne et habite Santa Monica en Californie.
Notre ingénieur du son, a en revanche, de manière intuitive, déclenché son Nagra à chaque fois qu’un musicien de rue tapait du pied, qu’un matelot frappait un nœud. Leurs noms ne seront pas au générique, ni sur la page que crée pour le documentaire notre attaché de production Marianne Chassort.
Mais ils sont cette semaine les stars de notre banc de montage tant ils nous aident à restituer les couleurs d’Auckland.
Ps : Tendez l’oreille lors de la diffusion de l’entretien avec le chanteur Don Mc Glashan… Quelques skates frottent les escaliers Néo-Zélandais tout de même.
Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur France Culture

Enfermés volontaires dans une cellule aveugle de la Maison de la Radio, nous écoutons avec Marie-Ange Garrandeau les enregistrements réalisés à Auckland. Que leurs visages apparaissent sur les écrans lisses des bus municipaux ou sur le papier rugueux de fanzines, les artistes avec lesquels nous avons conversé ont en commun le sens de la mesure.
Pour le chanteur Don McGlashan, ex-punk du groupe Blam Blam Blam, auteur de l’hymne d’Auckland, Dominion Road, cette retenue est due au fait que la Nouvelle-Zélande est l’une des « colonie britannique », les plus récentes. À peine deux cent ans d’histoire commune avec les Maoris. À peine le temps d’apprendre à vivre en ces confins, d’en inscrire les codes dans sa manière de vivre, de s’y sentir chez soi pour certains kiwis.
Les interviews se succèdent et je ne saurai dire qui est respectueux, qui est gêné. Tous sont chaleureux, ouverts aux échanges, et dès lors que l’on tente une percée, Georges Thô enregistre soit un flegmatique « Hûmm » (parfait pour les transitions au montage), soit un flatteur « interesting question » (corbeille sauf crise aiguë d’ego).
Component, membre du collectif de street art Cut Collective, nous présente un mur sur lequel il réalise une fresque d’une dizaine de mètres de long.
Habitués à habiller les surfaces qui leur plaisent dans la ville, les graffeurs nous précisent que ce travail est une commande de la mairie. Un « curated wall », un mur autorisé. Une sorte de 1% culturel version hip hop.

Au fil de notre déambulation dans leur quartier, d’une surface autorisée par les autorités à une autre suggérée par des commerçants, ils m’expliquent qu’à l’occasion de la Coupe du Monde a été créée une brigade spéciale qui a effacé tous les tags, graffs et collages illégaux. Point de rébellion des fans de street art, de train peint de nuit pour se venger. Le fait est accepté, négocié avec un délégué pour la jeunesse.
Une amertume tout de même (après un « Hûmm ») : pour sa dernière campagne de recrutement, la police néo-zélandaise a confié à une célèbre agence de communication la réalisation dans tout Auckland de Graffs…
La trame du documentaire, de l’immersion, se dessine. Encore quelques écoutes et nous commencerons à jouer avec les civilités rectilignes de certaines interviews et les courbes des ambiances et musiques.
Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++

Au croisement de Pitt Street et de K’Road, Georges, notre ingénieur du son, me tend son casque. La voix puissante de Chris Saines, directeur de la Auckland Art Gallery, couvre les bruits des voitures de la rue dans laquelle nous l’avons interviewé quelques heures plus tôt. Et cette certitude : la mondialisation ne gagnera pas la bataille des sons.
En arrière plan, il y a certes le bruit des moteurs, pots d’échappements et portières, comme en toute artère urbaine du monde industrialisé. Mais point de klaxons. En dix jours à Auckland, je n’ai entendu personne utiliser cet instrument mal accordé. Je n’ai pas non plus été dérangé par les sonneries de téléphones portables tant elles sont réglées à leur plus bas niveau, quand elles ne se résument pas à quelques vibrations.
Constat propre « au pays poli », où l’on hausse le ton en journée*, que lorsque son équipe favorite manque un essai sur le terrain de rugby ?
De CDB, quartier central, à Mount Albert, banlieue résidentielle, chaque prise de son reflète le caractère unique de la rumeur urbaine captée. Celle de cette Californie Anglaise est étonnante quand on y prête l’ouïe.
Outre le lointain qu’évoquent les conversations glanées, aux accents des campagnes écossaises ou du Henan, traversez une rue (entre les lignes blanches !) et vous serez projetés dans un jeu vidéo du siècle passé, Pacman ou Space Invader.
Entrez dans un fast-food d’une chaîne implantée dans le monde entier, et vous découvrirez une signature vocale calquée sur celle des karaokés où se pressent les importantes communautés asiatiques de la ville.
Dormez à côté d’une caserne de pompiers et vous maudirez la gamme de tons utilisée par les sirènes des soldats du feu, ni américaine, ni anglaise, ni chinoise.
Le son d’Auckland est unique; nous sommes bien en climat sonore tempéré.
Au 3ème sous-sol d’une barre d’immeubles, près de Myers Park, le bruit existe cependant. Des quatre coins de la Nouvelle-Zélande, The Audio Foundation a convoqué des artistes sonores le temps d’un week-end. Armés de VTT customisés en harpes ou de centimètres de bricolage transformés en cymbales, les membres de « L’Orchestre des Instruments Inventés » a défié la calme Auckland. Virgules que nous distillerons dans le documentaire.
Auckland – Villes Mondes – Audiofoundation par franceculture
* En cette période de coupe du monde et de sortie de l’hiver, où les statistiques de consommation nocturne de bière par les Aucklanders sont perturbées, il se peut que quelques éclats de voix ou musiques très cockney altèrent ces considérations.
Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++

Dans neuf minutes la période blanche s’achèvera. Toute la journée les rues d’Auckland ont été submergées par une marée verte. Tintements de pintes, provocations, rires et bravades des Irlandais qui jouent contre l’Australie ce soir à Eden Park. À 18h00 tout s’est arrêté. En vingt minutes, le courant a poussé les supporters chanceux vers le stade, les autres vers les supermarchés puis les écrans plasma de leurs salons. Ville blanche.
Le volume sonore baisse de cinq niveaux, on entend de nouveau le bruit des roues trempées sur le goudron. Période de calme, propice à la discussion avec l’équipe de tournage.
Ce documentaire prend le pari d’immerger les auditeurs dans la vie culturelle d’Auckland, de leur faire rencontrer un espace intellectuel, sonore, de les surprendre. Et l’on s’interroge sur ce concept, après avoir réalisé une série d’entretiens et de prises de sons.
Les questions fusent ; pourquoi tel angle, pourquoi telle entrée, pourquoi telle problématique sociale, pourquoi tel artiste ou quartier est mis en lumière plutôt qu’un autre ?
Chaque membre de l’équipe aurait emprunté une porte différente, mais les couloirs auraient mené aux mêmes lieux. Des salons, bars et ateliers où se croisent des artistes officiels, patentés, « mainstream », et des « talents émergents », underground.
Si j’avais été à New York ou San Francisco en 1955 serais-je allé écouter Kerouac, Ginsberg, connus de quelques happy few, ou bien le déjà très célèbre Henry Miller ? Je pense que j’aurais commencé par ces chers poètes beats, qu’eux m’auraient offert le cœur, le danger et l’énergie de leur cité. J’aurais poursuivi avec l’auteur du Tropique du Cancer, pouls régulier, identifié et attendu.
On ne peut inventer la vie culturelle d’Auckland. Certes on nous propose discrètement des listes de créateurs, des événements, des « menus », comme si l’on devait choisir une recette internationale, produire un documentaire bolognaise.
Mais le cœur est en ce moment à K’Road, quartier bohème dont certains murs sont recouverts des graph de Cut Collective. Ses poumons sont autour de la Auckland Art Gallery, des écrits d’Alan Duff.
Il existe des sons, des artistes, des zones de créations isolées, pérennes ou éphémères à côté desquels nous passons sans les remarquer, d’autres que nous laissons de côté, par choix souvent, et du fait des contraintes techniques ou de durée de production.
De cet arbitrage naîtra en partie notre documentaire.
Et si nous devions produire un documentaire sur la vie culturelle et intellectuelle de Paris en cinq jours pour une durée finale de deux heures, quels artistes choisirions-nous ?
La période blanche s’achève, les pubs se remplissent, les minijupes vertes défilent et les verres tintent à nouveau.
Le match nous sauve de devoir répondre à cette question. Go Ireland Go !
Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++
Abnégation de l’ingénieur du son et de la chargée de réalisation.
À peine arrivés à Auckland après deux jours de voyage, Georges Thô et Marie-Ange Garrandeau ont souhaité “écouter” la ville.
Il se trouve que les très pop MurderChord devaient jouer ce soir au Whammy Bar ! , petite salle de concert nichée dans les sous-sols de Saint Kevin’s Arcade.
…. Je n’avais pas prévu qu’il y aurait une première partie plus métal.
“Qu’importe ! me précise Marie-Ange,”Ce documentaire est une immersion”, tandis que Georges se concentre sur les diodes légèrement écarlates de son Nagra.
Villes Mondes – Auckland – Whammy par franceculture
Ps : Chers amis ne vous inquiétez pas, nos tympans vont biens et reçoivent en journée les confidences d’artistes beaucoup plus calmes mais tout autant investis dans leurs créations telle la prolifique Tanja Jade
Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++
Auckland Villes Mondes / The Artisans par franceculture
Pour sa ré-ouverture après de longs travaux, la Auckland Art Gallery a décidé d’investir la rue. Pendant deux jours, la troupe The Artisans a invité les passants à visiter le principal musée d’Auckland en les surprenant.
Quelques improvisations sérieuses sur un mode Haka dans un style très 1973 (vidéo ci-dessus), mais surtout des performances contemporaines hilarantes. Je suis resté une bonne demi-heure à les regarder bondir, s’exclamer, mettre un peu de furie dans ce quartier calme.
L’institution a offert une carte blanche aux comédiens, « mais dans un cadre bien défini » affirme Browny Bent, leur productrice.
La jeune femme est également à l’origine du projet The Edge qui propose à plus de 600 enfants de 3 à 6 ans de découvrir la culture Pacifique. Auparavant, elle s’est impliquée dans le projet Homeless Economics, permettant à des sdf de mettre en scène des événements qu’ils ont vécus dans la rue.
Browny est la 4ème personne d’Auckland, à me dire cette phrase : “dans un cadre bien défini”.
À chaque fois j’imagine un film des Monty Python dans lequel il y aurait un ministère du cadre bien défini sur le modèle de leur ministère des Silly Walks (traduisible en français par démarches à la c..)
Je crois que je vais aller demander au rapper Che-Fu comment il entend l’expression “dans un cadre très défini”… lui qui doit jouer au well respected Queen’s Wharf vendredi soir.
Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++

Dix rencontres en deux jours, dix haussements de mains ou de sourcils accompagnés d’un « You’re not here for rugby ? ». (Tu n’es pas là pour le rugby ?).
Légers sourires, verres tendus.
Côté arty-snob, rejet de la communication à outrance autour de la Coupe du Monde ou des impôts supplémentaires à venir, pour renflouer l’Etat Néo-Zélandais à qui il resterait 44 000 billets invendus…

Dans le petit cercle « underground » de K’Road, on ne se prive pas de critiques envers l’événement, on agit en graf dans les rues et événements relayés via Facebook et Twitter.
Le groupe electro-rap Stress Cadet a ainsi décidé de diffuser gratuitement les mp3 de cinq albums, une chanson par jour, jusqu’à ce que l’on cesse d’entendre parler de rugby.
De manière opportune, la chaîne de télévision Four a elle aussi pris le parti des contestataires, affichant aussi bien dans les rues d’Auckland que sur la page d’accueil de son site Internet « Four, The Home of Not Rugby » (Four, la maison sans rugby).
Certes je ne suis pas venu pour le rugby, mais être entouré d’une trentaine de Néo-Zélandais déguisés en Samouraï et qui chantent « Bodega » des Négresses Vertes lors du match France-Japon, demeure une belle expérience… Dont je vous épargne la prise de son.
Pour écouter le documentaire Auckland Villes Mondes sur le site de France Culture +++

Tbilissi, Géorgie, Mai 2011.
Les artistes Zura Apkhazashvili, Gocha Gulelauri et Temo Javakhishvili m’offrent un saut dans le temps.
Visite et conversations caféinées dans leur atelier niché dans l’ancienne académie de médecine.
Retour à Montparnasse ou Montmartre dans les années 20 pendant quelques heures.
Grâce.



Bel rencontre cet été avec les Tamikrest, jeune groupe de touaregs du Nord Mali qui écartent lors de leurs interviews tous les clichés obsolètes sur la société saharienne.
Ils savent où ils vont, ce qu’ils font, ce qu’ils véhiculent. Ils lisent chacun des articles qui est publié sur eux, maîtrisent leur discours, font du rock, non de la world.
Leur dernier album est superbe.
Infos: http://www.tamikrest.net
Pour découvrir d’autres photos de Tamikrest +++

Diffusion des reportages que j’ai réalisé il y a quelques semaines en Géorgie sur France Culture, dans l’émission Tout Un Monde, le dimanche 17 juillet 2011 de 15 à 16h. Disponible à l’écoute et en podcast là +++
Drapeau : © Guela Tsouladze

Invité par Florent Coirier avec le photographe Bernard Plossu dans l’émission “Sexy Mother Fucker” le mercredi 15/06/2011 sur Alligre FM.
Un beau moment et la rencontre du ”photographe sans histoire” qui présentait son dernier ouvrage “Far Out! Les années hip”.
Lors de l’émission, on diffuse à ma demande un titre du dernier album de Terakaft, groupe du Nord Mali. Le vieux photographe est médusé. Ce Sahara qu’il connaît bien a produit ce son rock là ?! Je lui laisse le disque, en espérant qu’il le donnera à son tour à un autre voyageur.
On parle photo, voyage, Kerouac, routes à venir; on s’échange des plans d’hébergement, des contacts au Maroc, Sahara, en Californie.
Quatre jours après l’émission, je reçois un paquet remplit de livres, de cartes postales, d’un cd de chants peuls qu’il a enregistré dans les années 70, des petits mots, des encouragements. Waouw. Far Out !
Présentation du livre
Bernard Plossu découvre la Californie en 1966, un an avant le Summer of Love. En pleine période hippie, il fréquente la City Lights Bookstore, croise Joan Baez et ses soeurs, rencontre Henry Miller et photographie sans arrière-pensée ses amis artisans, écrivains et artistes (certaines de ces photographies sont inédites, notamment les images en couleurs de 1966 à Haight-Ashbury). En 1970, attiré par l’Inde, Bernard Plossu se rend à Ceylan puis à Goa.
Sincèrement hippie, il vit son époque intensément non sans une certaine naïveté. Dans les deux reportages publiés par Rock & Folk en 70 et 71 et intégralement repris ici (textes et photos de Bernard Plossu), il raconte sa quête d’amour et son aspiration à la paix à travers ses voyages et ses rencontres puis ses premières désillusions quand il se rend compte que l’anticonformisme est devenu une mode et que le rêve hippie est en passe d’être recyclé en business lucratif. Quarante ans après, Bernard Plossu revient sur ses années hip, ses débuts dans la photographie, son goût puis son dégoût pour le “grand angle” qu’il finira par abandonner définitivement. Ce livre touchant témoigne d’une époque qui marqua à jamais Bernard Plossu et nous rappelle que pendant quelques années, les hippies crurent sincèrement qu’un monde meilleur et une vie plus proche de la nature étaient possibles.
Far Out! Les années hip : Aight-Ashbury, Big Sur, India, Goa de Bernard Plossu est publié par médiapopéditions dans la collection Sublime
+ d’infos: http://mediapop.fr/far-out.html

Diffusion d’un reportage sur la Nuit de l’Année d’Arles à Tbilissi dimanche 26/06 à 15h sur France Culture dans l’émission Tout Un Monde « François Hébel – points de vue, lignes de fuite »
Disponible à l’écoute après diffusion sur http://www.franceculture.com/emission-tout-un-monde-francois-hebel-points-de-vue-lignes-de-fuite-2011-06-26.html

Une expérience de Live Tweet documentaire par @arnaudcontreras & @stevenjambot à découvrir le jeudi 30 juin 2011 à partir de 21h00 sur http://twitter.com/omw2 et sur le sité dédié +++

Retour de Tbilissi, Géorgie.
Un groupe de jeunes qui répètent dans les couloirs souterrains, d’autres qui hurlent et dansent, mélange de Rock, Tektonik et Hip Hop.
Tbilissi, Freedom Square Underground 05/2011

Ahmed Dayak, rencontres de la diaspora touareg en Europe, Saint Lormel (22), 05/2011.
Ishumars au coin du feu (Mohamed Bilalan, Sidi Tiwitine, Hamma)


Rissa, Atri N’Assouf en concert, 6/05/2011 au China, à Paris, pour fêter la sortie de leur album Akal.
+ d’infos sur le groupe : http://atrinassouf.over-blog.com/

« Kerouac, l’obsession bretonne » Un documentaire d’Arnaud Contreras,
réalisation Vincent Abouchar, pour Sur Les Docks,
1ère diffusion sur France Culture le lundi 25 avril 2011 à 17h00.
Disponible à l’écoute après diffusion sur : http://www.franceculture.com/emission-sur-les-docks.html-0
Présentation:
Ce documentaire porte un éclairage sur l’obsession bretonne de l’écrivain américain Jack Kerouac, et sur la découverte récente par la Bretagne de l’un de ses fils égarés.
Au travers de toute son œuvre littéraire et dans sa vie privée, le chef de file de la Beat Generation ne cesse de faire référence à la terre de ses aïeux, se présente comme Jean-Louis Lebris de Kerouac, parfois prince, parfois baron, de Bretagne.
En 1965, il se rend à Brest, chez Monsieur Lebris pour y rencontrer un présumé cousin. Élevé dans le mythe familial d’un ancêtre noble et de son trésor spolié, « Ti Jean » ne trouve rien et publie à son retour en Floride Satori à Paris, récit de son errance géographique et identitaire.
Grâce aux travaux de Patricia Dagier et Hervé Quéméner, nous savons maintenant qu’il suivait de mauvaises pistes, que le premier Kerouac, parti aux Amériques pour d’obscures raisons au XVIIIème siècle, se nommait Le Bihan, que leur trésor se résume à quelques champs… à Kervoac (« prononcez Kerouac »).
Pour les organisateurs et invités du festival organisé en son honneur à Lanmeur, petit village finistérien, comme pour Frank Darcel, écrivain et ex guitariste du groupe Marquis de Sade, ce qui importe c’est de transmettre le message de Jack : « Dépasser ses limites », trait de caractère qui leur paraît tout naturellement… breton.
Avec :
Pierre Lebris, ancien libraire qui a reçu Jack Kerouac à Brest en 1965.
Patricia Dagier, généalogiste, auteur de Kerouac, Breton d’Amérique, Ed du Télégramme.
Frank Darcel, écrivain et ex guitariste du groupe Marquis de Sade.
Jon Nix, du Beat Museum de San Francisco.
Valérie Derrien-Remeur, organisatrice du Festival Jack Kerouac de Lanmeur.
Louis Bertholom, poète.
Retrouvé des vieilles photos prises en Irlande en 1990. Souvenir de m’être perdu dans la brume au milieu de ce pèlerinage vers les sommet du Mont Croagh Patrick. Choqué par certains, pieds nus dans le granite.
L’occasion de réécouter ces bonnes vieilles Kitchen Sessions +++






