40 bougies pour la tombe de Jack Kerouac / Le Mouv’
Monday, October 19th, 2009
Le 21 octobre 1969, il y a quarante ans, Jack Kerouac s’éteint dans la douleur, à Saint Petersburg, Floride.

Au téléphone, la journaliste du Mouv’ me demande si je veux bien parler demain matin à la radio vers 08h50, de Kerouac, ce qu’il a changé dans ma vie, ce que j’ai envie de transmettre pour un “public coeur de cible 15-35 ans”.
Dur.
L’été de mes 13 ans, je lis tranquillement en Bretagne Atala, de François-René de Chateaubriand, en écoutant en boucle une K7 de U2.
Une heure plus tard, j’ouvre enfin une malle qui m’intrigue depuis quelques temps. Discrètement, je fouille dans les affaires d’un oncle militaire.
La première couche est classique: SAS, Série noire, quelques partitions de guitare…
Puis le Graal: des pochettes de 33 T de toutes les couleurs, le Floyd, Zappa, Dylan, Polnareff+poster ambiguë (!?), Jefferson Airplane, et une dizaine de bouquins dont Sur la route (On The Road) par Jack Kerouac.
Pendant trois semaines j’ai ingurgité l’ensemble.
Les deux mois suivants, de retour en Capitale, j’ai partagé ce que je croyais être le meilleur à l’époque.
À quelques-uns, au coeur d’un système jésuite, on s’est créé une communauté de pensée.
On ne se racontait plus nos séjours d’été dans des collèges anglais de la même manière. Les séjours étaient devenus “trips”. Une copine m’a offert Le Festin Nu de William S. Burroughs. Les disques ont commencé à circuler et surtout ce livre Sur La Route. Tout un champ littéraire et musical s’était ouvert. Beatniks, hipppies, punk, tout cela n’avait pas trop d’étiquette ni d’importance. C’était vivant.
On voulait foncer… en Solex. Parier sur toutes les expériences possibles. Découvrir tout Paris, la banlieue, la France, vivre au coeur de notre époque, maintenant. L’été suivant fut celui de nos premiers sauts en stop. Sur la route pour de vrai.
Kerouac a créé un lien entre tout un tas de bandes de lycées qui jamais ne se seraient rencontrés lors des fêtes du samedi soir. On a osé se parler.
Où que j’aille, je suis pratiquement toujours tombé sur quelqu’un avec qui parler de Kerouac. Parfois, je dis “Sur la Route” et l’on me répond “Ah ouais, sur la route 66 !”
Et c’est bien quand même, on parle de voyages, d’expériences, de rencontres.
Alors demain matin, en parlant de Jack à la radio, je vais essayer de mettre l’accent sur le lien que son oeuvre fait accoucher.
Lorsqu’en 2007, avec le compère Alain Dister nous avons décidé de fêter les 50 ans de la publication de Sur la Route, nous avons reçu des témoignages d’amour du monde entier, poèmes, chansons, photos… Vous pouvez en découvrir là +++
Un lien, une communauté.
Spéciale dédicace à mon oncle qui doit être en ce moment je crois dans le coin de Kaboul.
PS à mon oncle: Si tu cherches ton poster de More (Pink Floyd), il est à la maison, je le garde. En revanche tu récupères ton affiche de Polnareff à moitié nu quand tu veux, elle est dans une malle en Bretagne.


