PROJETS > TAM Transit
Synopsis
Un travail, une démarche artistique autour de la notion de piratage, du téléchargement d'oeuvres sur Internet.
En octobre 2004, Anne-Sophie Lainnemé faisait la couverture de Télérama. Cette internaute, alors au chômage, risque trois ans de prison pour "piratage", téléchargement de mp3 par peer to peer, alors qu'elle possède trois cents disques et va régulièrement voir des artistes en concert.
Le 22 avril 2005, la cour d'appel de Paris fait interdiction - ce sont les termes utilisés - d'utiliser sur un DVD un système empêchant la copie. La raison ? Incompatibilité de cette pratique avec l'exercice de la copie privée.
Au coeur de cette embrun médiatique autour de la copie privée-publique, la question du droit d'auteur. Une partie du monde artistique panique et l'ensemble des industries musicales et cinématographiques tremblent d'Hollywood à Cannes.
Nous, auteurs, compositeurs, réalisateurs, créateurs, sommes complètement paumés. C'est bien de copier ? C'est pas bien ? Est-ce que cela va réellement nous faire passer d'une situation de précarité à une situation d'ultra-précarité ?
À Tamanrasset tout va bien.
Comme à Bamako, Agadès, Libreville, Morovia. Le non-respect de la propriété intellectuelle, la copie illégale de CD, DVD, les vols de logos et de marques et les contrefaçons font partie intégrante de la vie. Des milliers de petites échoppes, de "music stores" ayant pignon sur rue, de marchands ambulants sur les marchés, vendent des stocks considérables de DVD, VCD, CD piratés.
Les artistes locaux sont ravis.
"Plus mon CD, mon DVD, ma K7 sont copiés, plus je suis connu dans tout le Sahara. C'est génial. On me demande partout maintenant" me confie un jeune rappeur de Tombouctou.
Alors est né TAM Transit
1. Je filme sans autorisation de nuit en plein Tamanrasset, devant un "music store", les gens qui passent, les vendeurs, les voitures de polices.
2. De retour à Paris, je monte la vidéo TAM Transit sur un son qu'un ami a téléchargé sur le web.
3. J'envoie le DVD à Tamanrasset. Un ami la dépose dans un "music store".
4. Il paraît qu'à Agadès TAM Transit fait un carton. On avait jamais vu Tamanrasset filmé de nuit. Peut-être retrouverai-je un jour ce clip à Abidjan, Addis ou Capetown...
Ainsi continue à vivre le projet TAM Transit
Je n'ai toujours pas d'idée arrêtée sur la question de la copie privée-publique, mais j'ai fait plaisir à des amis et inconnus sahariens, heureux de voir leur vie nocturne mise en image.
<<< retour à la liste des projets
|